L'UE et le Mexique signent un accord commercial révisé sur fond de tensions avec Trump
L'Union européenne et le Mexique ont tenu leur premier sommet conjoint depuis plus de dix ans
L’Union européenne et le Mexique ont signé vendredi un accord commercial révisé lors d’un sommet à Mexico, en présence de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du président du Conseil européen, António Costa.
Cette signature fait suite à la conclusion des négociations sur l’accord commercial révisé en janvier 2025. L’accord initial était entré en vigueur en 2000.
« Ce sera notre premier sommet depuis plus d’une décennie, et à l’heure où l’ordre international est mis à rude épreuve, il ne s’agit pas seulement de commerce. C’est une déclaration géopolitique », a déclaré jeudi la haute représentante de l’UE, Kaja Kallas, à la veille du sommet.
Selon les données de la Commission européenne, l’UE exporte pour 53 milliards d’euros de biens et 20,3 milliards d’euros de services vers le Mexique, ce qui fait de ce pays l’un de ses principaux partenaires commerciaux au Amérique latine, aux côtés du Brésil.
Si l’Union européenne est également un partenaire important pour le Mexique – son troisième en importance –, elle reste toutefois loin derrière Washington, le principal partenaire commercial du pays, 80 % des exportations mexicaines étant destinées aux États-Unis.
Le sommet et la signature du nouvel accord interviennent également alors que le Canada et le Mexique cherchent à moderniser leur accord commercial, l’USMCA, avec une date butoir initiale pour les négociations fixée au 1er juillet, même si les pourparlers pourraient se prolonger au-delà de cette date.
Le délai de plus d’un an entre la conclusion des négociations et la signature de l’accord UE-Mexique a soulevé des questions quant à une éventuelle réticence à finaliser le partenariat par crainte de déclencher une réaction de la part des États-Unis.
Lors d’un point presse vendredi, un responsable de la Commission européenne a balayé ces inquiétudes, affirmant que les retards étaient dus à des « travaux de traduction et de mise au point juridique », tout en soulignant que le « moment politique » de la signature devait convenir aux deux parties.
Outre l’accord commercial remanié, la Commission présentera un plan d’investissement dans le cadre de Global Gateway, son initiative de financement du développement.
Ce plan couvre des secteurs tels que la transition énergétique, les transports, les produits pharmaceutiques et la santé, l’eau, l’agriculture et la transition numérique.
L’agroalimentaire en tête
Selon la Commission, le secteur agroalimentaire sera l’un des grands gagnants de l’accord modernisé.
« L’impact le plus important se situe dans le domaine agricole, qui n’était pas couvert dans la même mesure que dans d’autres accords de la version de 2000 », a ajouté le responsable.
L’accord supprime les droits de douane sur les principales exportations agricoles européennes, notamment la viande de porc, les produits laitiers, les céréales, les fruits et les pâtes, tandis que l’UE réduira les droits de douane sur les produits mexicains tels que le café, les fruits, le chocolat et le sirop d’agave.
L’accord protège également pas moins de 336 appellations alimentaires traditionnelles supplémentaires, empêchant ainsi la vente d’imitations sur le marché mexicain.
Mais interrogée sur l’impact potentiel de ces concessions sur le cadre de l’USMCA – d’autant plus que les États-Unis se sont opposés à la protection des denrées alimentaires traditionnelles dans les accords conclus avec d’autres pays –, la Commission a une nouvelle fois écarté ces préoccupations.
« Tous ces accords sont complémentaires », a indiqué un responsable de l’UE.
Parmi les autres nouveaux éléments figurent la coopération en matière de commerce numérique et de transition écologique, ainsi que des engagements en faveur du commerce équitable et des minéraux critiques.
(adm, cm)