L’UE lance une première série d’appels d’offres pour l’achat commun de gaz
La Commission européenne a lancé, mercredi (10 mai), une première série d’appels d’offres afin de mettre vendeurs et acheteurs en relation via la plateforme d’achat commun de gaz de l’UE dans le but de contribuer à la sécurité de l’approvisionnement et de lutter contre les prix élevés de l’énergie.
La Commission européenne a lancé, mercredi (10 mai), une première série d’appels d’offres afin de mettre vendeurs et acheteurs en relation via la plateforme d’achat commun de gaz de l’UE dans le but de contribuer à la sécurité de l’approvisionnement et de lutter contre les prix élevés de l’énergie.
« Il s’agit d’une étape historique. Car pour la toute première fois, nous tirons parti du poids économique collectif de l’UE pour accroître notre sécurité énergétique et lutter contre les prix élevés du gaz », a déclaré le vice-président de la Commission européenne Maroš Šefčovič lors de l’annonce du processus d’appel d’offres.
L’objectif de la plateforme est de trouver des acheteurs internationaux pour répondre aux besoins en gaz des entreprises européennes, et ce afin que l’Europe dispose de suffisamment de gaz pour passer l’hiver. La première série de demandes a déjà été soumise et le premier processus d’appel d’offres est désormais ouvert jusqu’au 15 mai pour couvrir les livraisons entre juin 2023 et mai 2024.
En vertu du règlement sur le stockage du gaz, les pays de l’UE sont tenus d’utiliser la plateforme pour au moins 15 % de leurs besoins, soit 13,5 milliards de mètres cubes de gaz.
Les entreprises européennes ont déjà soumis des demandes pour un total de 11,6 milliards de m3 lors du premier tour, soit un peu moins que l’objectif global, indique M. Šefčovič. Cela représente une demande de 2,8 milliards de m3 via du gaz naturel liquéfié (GNL) ainsi que près de 9,6 milliards de m3 via un gazoduc.
« La réponse du marché a été positive et encourageante […] 77 entreprises européennes ont soumis des demandes pour un volume total de quelque 11,6 milliards de mètres cubes de gaz », a déclaré le vice-président de l’exécutif, qui invite « tous les fournisseurs internationaux fiables » à soumettre des offres.
Selon M. Šefčovič, les fournisseurs internationaux manifestent déjà un intérêt très prononcé pour ce nouveau marché, qui couvre les États membres de l’UE et ceux de la Communauté de l’énergie, tels que l’Ukraine, la Moldavie et les pays des Balkans occidentaux.
Après la procédure d’appel d’offres, les acheteurs et les vendeurs appariés entameront des négociations, qui « déboucheront, espérons-le, sur des contrats commerciaux » et potentiellement sur des relations à plus long terme, a expliqué M. Šefčovič.
Un nouveau marché pour le gaz
Les marchés internationaux du gaz sont extrêmement tendus, de nombreux contrats de gaz naturel liquéfié (GNL) ayant déjà été achetés, l’Europe se trouve dans une position vulnérable lorsqu’il s’agit d’assurer l’approvisionnement en gaz pour cette année et de stocker suffisamment de gaz pour l’hiver à venir.
Lors d’un entretien avec EURACTIV, Simone Tagliapietra, du groupe de réflexion économique Bruegel, a déclaré que la plateforme était une étape importante, mais qu’il restait à voir s’il y avait suffisamment d’incitations pour encourager son utilisation.
« La grande question pour moi est de savoir si cela fonctionnera réellement pour attirer des volumes significatifs parce que nous savons que les grands acteurs pourraient ne pas être intéressés à faire partie de cette initiative », a-t-il expliqué.
La plateforme est conçue pour tirer parti de la puissance d’achat de l’Europe et en faire un concurrent plus fort, ainsi que pour éviter que les pays de l’UE ne se livrent à une surenchère et ne fassent grimper les prix.
Pour M. Šefčovič, il est très important que les vendeurs proposent à la fois des volumes adéquats et de bons prix, parce que les prix du gaz en Europe doivent encore baisser pour maintenir la compétitivité de l’industrie européenne.
Interrogé par EURACTIV sur les raisons pour lesquelles les entreprises internationales vendraient à l’UE plutôt que sur d’autres marchés, M. Šefčovič a affirmé que l’Europe était le « client de gaz le plus important au niveau mondial ».
« Nous faisons un travail colossal […] pour agréger la demande provenant très souvent de petits acteurs, de PME, de tous les États membres, et [pour mettre cette demande] sur la plateforme, afin que les soumissionnaires internationaux la voient, donc nous faisons réellement ce travail de prospection du marché pour eux », a-t-il expliqué.
Rappelant que ce travail de prospection, qui est un travail préliminaire pour les entreprises voulant vendre du gaz, est effectué gratuitement, il a indiqué qu’il pense que la démarche sera bien accueillie.
La procédure d’appel d’offres sera répétée tous les deux mois jusqu’à la fin de l’année.
Selon la Commission européenne, des entreprises de la « grande majorité » des pays de l’UE ont déjà utilisé la plateforme, et les autres devront le faire d’ici la fin de l’année.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]