L’UE promet 1 milliard d’euros au Liban pour soutenir l’économie du pays et freiner la migration

La présidente de la Commission européenne a annoncé jeudi (2 mai) l’octroi d’une aide financière d’un milliard d’euros au Liban, répartie sur trois ans, afin de soutenir l’économie du pays et de relever les défis posés par l’accueil des réfugiés et les migrations.

AFP / Euractiv.com
Cypriot President Nikos Christodoulides and EU President Ursula von der Leyen visit Beirut
Le Premier ministre intérimaire libanais, Najib Mikati (centre), serre la main du président chypriote, Nikos Christodoulides (gauche), et de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (droite), lors de leur réunion au Palais du gouvernement dans le centre-ville de Beyrouth, Liban, 02 mai 2024. [EPA-EFE/WAEL HAMZEH]

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé jeudi (2 mai) après une rencontre avec le Premier ministre libanais par intérim Najib Mikati et le président chypriote Nikos Christodoulides à Beyrouth l’octroi d’une aide financière d’un milliard d’euros au Liban. Cette aide, répartie sur trois ans, vise à soutenir l’économie du pays et à relever les défis posés par les migrations et l’accueil des réfugiés.

La présidente de l’exécutif de l’UE a affirmé que cette aide financière permettrait au Liban, frappé par une crise économique depuis 2019, de « contribuer à la stabilité socio-économique du pays » en améliorant les services fondamentaux tels que l’éducation, la protection sociale et les soins de santé, et ce tout en encourageant les réformes économiques.

Elle a également promis un soutien aux forces armées libanaises et les autres forces de sécurité du pays en leur fournissant des équipements et des formations pour la gestion des frontières.

« Nous comprenons les défis auxquels le Liban est confronté en accueillant des réfugiés syriens et d’autres personnes déplacées. Il est essentiel d’assurer le bien-être des communautés d’accueil et des réfugiés syriens », a déclaré Mme von der Leyen.

Au-delà de l’aide financière, l’UE « examinera la manière de rendre son assistance plus efficace », notamment par la mise en place d’une « approche plus structurée des retours volontaires » des réfugiés syriens déplacés dans leur pays d’origine, a déclaré l’Allemande.

Le pays, qui dit accueillir près de deux millions de réfugiés syriens, soit le plus important ratio par habitant au monde, n’a de cesse d’exhorter la communauté internationale à les rapatrier, les armes s’étant tues dans plusieurs régions syriennes.

« En outre, il serait très utile que le Liban conclue un accord de travail avec Frontex, notamment en ce qui concerne l’échange d’informations et la connaissance de la situation », a ajouté la présidente de l’exécutif de l’UE.

Ursula von der Leyen a déclaré « compter sur une bonne coopération » des autorités libanaises dans la lutte contre l’immigration clandestine vers l’Europe.

Actuellement, environ 210 000 réfugiés palestiniens et 1,5 million de réfugiés syriens résident au Liban, et l’instabilité croissante au Moyen-Orient pourrait déclencher une vague de migration vers l’Europe, potentiellement par Chypre.

L’annonce de la présidente de la Commission intervient après que les dirigeants de l’UE ont approuvé, le mois dernier, les mesures visant à soutenir le Liban face à l’instabilité régionale et pour l’aider à renvoyer les migrants dans leurs pays d’origine.

La semaine dernière, le commissaire européen chargé à l’Élargissement, Olivér Várhelyi, a promis que l’UE soutiendrait financièrement et politiquement le Liban jusqu’à la fin de l’année 2027.

L’aide accordée jeudi au Liban fait partie d’une série d’accords similaires conclus l’année dernière par l’UE avec des États membres d’Afrique du Nord, tels que le Maroc, la Tunisie et l’Égypte, dans le but de freiner l’afflux de migrants vers l’Europe.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]