Lutte contre le cancer : de grandes disparités subsistent au sein de l’UE, selon des députés européens

Des députés européens de la Commission spéciale de lutte contre le cancer (BECA) se sont rendus jeudi 4 novembre à Lyon pour évoquer les inégalités d’accès à la prévention et aux traitements selon les différents pays européens.

EURACTIV France à Lyon
Cancer,Patients,Receiving,Chemotherapy,Treatment,In,A,Hospital.
Le domaine de recherche émergent connu sous le nom de « médecine personnalisée » étudie les avancées technologiques permettant de prédire quel traitement sera le meilleur pour chaque patient. [goodbishop/Shutterstock]

Des députés européens de la Commission spéciale de lutte contre le cancer (BECA) se sont rendus jeudi 4 novembre à Lyon, notamment pour évoquer les inégalités d’accès à la prévention et aux traitements selon les différents pays européens. 

Mercredi et jeudi (3 et 4 novembre), sept membres de la commission BECA ont rencontré, à Genève et à Lyon, des chercheurs, des universitaires et des professionnels de la santé afin d’évaluer au mieux les besoins des patients atteints d’un cancer et du personnel soignant travaillant à leurs côtés. 

Le président de la Commission BECA, créée en 2020,  Bartosz Arlukowicz (PPE) et la rapporteure Véronique Trillet-Lenoir (Renew Europe) étaient notamment présents à Lyon au siège du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) pour échanger avec les professionnels du secteur. 

Le rapport d’initiative de Mme Trillet-Lenoir paru le 15 juillet 2021 propose des mesures concrètes à l’UE pour aider les États membres dans la lutte contre le cancer. En 2020, en Europe, 2,7 millions de personnes étaient atteintes d’un cancer et 1,3 million de personnes en sont décédées. 

Principal constat : les disparités au sein de l’UE en matière de lutte contre le cancer persistent. Il existe des différences de survie allant jusqu’à 25 % à pathologie égale et stade égal de la maladie entre différents pays de l’UE, rappelle Véronique Trillet-Lenoir. 

C’est pourquoi la lutte contre les inégalités de prévention et de traitement est la « priorité » et le « fil conducteur » du Plan européen pour vaincre le cancer. 

Le Plan européen contre le cancer, présenté par Ursula von der Leyen en novembre 2020 est considéré comme un élément clé de l’Union européenne de la santé. Il s’articule autour de quatre axes : la prévention, la détection précoce, le traitement et l’amélioration de la qualité de vie. 

Le président de la Commission BECA, M. Arlukowicz, souhaite également plus de coopération au niveau européen, soulignant qu’aucune différence de traitement ne saurait être tolérée selon la localisation des patients. 

Selon la rapporteure Mme Trillet-Lenoir, il y a deux moyens d’agir : accentuer les compétences européennes sur la prévention, qui connait encore des inégalités d’accès majeures, et rendre le financement de la recherche équitable, afin qu’il profite à tous. 

Il serait également nécessaire d’agir sur les cancers rares, dont la prise en charge reste inéquitable, à l’image des cancers pédiatriques, à l’origine de 6000 décès par an en Europe.  Une situation jugée « inacceptable » par Mme Trillet-Lenoir. 

La lutte contre le cancer, toujours une compétence nationale 

Si la lutte contre le cancer reste majoritairement une compétence nationale, « l’UE peut agir. Les États membres aussi. Il faudra les aider avec des recommandations et des principes et faire en sorte que ces recommandations soient appliquées », déclarent les deux eurodéputés de la Commission BECA. 

Parmi ces recommandations : une meilleure qualité des soins, une meilleure coordination entre les grands et petits centres de santé et une plus d’accréditations des établissements de santé habilités à faire de la cancérologie. 

« Ce sont des prérogatives nationales des États, mais nous devrons les inciter par des subventions et les aider à implanter ces recommandations », insistent Mme Trillet-Lenoir et M. Arlukowicz. 

Autre sujet abordé dans la matinée aux hospices civils de Lyon (HCL) ce jeudi : le programme EU4Health présenté par la Commission européenne en mars dernier.

En matière de lutte contre le cancer, le programme de santé européen EU4Health est « un bon début », mais « ce n’est pas assez », note Bartosz Arlukowicz. 

Pour rappel, le programme de la Commission est doté d’une enveloppe de 5,1 milliards d’euros dont environ 1,25 milliard d’euros seront dédiés à la lutte contre le cancer. 

« L’oncologie est un secteur qui coûte cher et qui évolue rapidement. Il nécessite des financements. Nous saluons le budget accordé par le programme EU4Health à la lutte contre le cancer en Europe, mais cela reste trop peu », explique Bartosz Arlukowicz. 

Les membres de la Commission BECA tiendront leur prochaine réunion le lundi 8 novembre à 13h45.