Macron invite l'Europe à acheter des frégates françaises après l'accord conclu avec la Suède

Le président français a salué cet accord comme un « choix de souveraineté européenne ».

EURACTIV.com
Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre suédois Ulf Kristersson à Stockholm, en Suède, le 31 août 2026 [Atila Altuntas/Anadolu via Getty Images]

Le président français Emmanuel Macron a appelé lundi les autres pays européens à suivre l’exemple de la Suède en achetant des frégates de fabrication française afin de renforcer la souveraineté européenne. 

La Suède a signé lundi un contrat de 4,3 milliards d’euros portant sur quatre frégates produites par le constructeur français Naval Group, salué par le Premier ministre Ulf Kristersson comme un investissement dans la sécurité navale suédoise pour les « décennies à venir ». 

Le contrat a été signé par Pierre-Éric Pommelet, PDG de Naval Group, et Mikael Granholm, directeur de l’Administration suédoise du matériel de défense (FMV). 

Le groupe français a été choisi pour sa capacité à assurer une « livraison rapide », a déclaré le gouvernement en mai, ajoutant qu’il s’agit également d’un « système éprouvé » doté de capacités de défense aérienne. 

Cet accord s’inscrit dans le cadre de l’augmentation rapide des dépenses de défense de Stockholm depuis son adhésion à l’OTAN en 2024, dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Les premières livraisons des navires sont prévues pour 2030, a indiqué Kristersson. 

Les frégates FDI (Frégate de Défense et d’Intervention) serviront de plates-formes qui fourniront à la Suède « des capacités maritimes à longue portée, permettant une protection contre les missiles balistiques », a-t-il ajouté.    

Équipées de missiles Aster de fabrication franco-italienne, ces frégates permettront à la Suède de protéger le transport maritime et de maintenir la liberté de navigation.

Souveraineté européenne

Le président français a également salué cet accord comme un « choix de souveraineté européenne » dans le domaine de la défense.

La France, qui abrite certaines des plus grandes entreprises européennes du secteur de la défense, milite depuis longtemps pour que le continent se dote de ses propres capacités de défense.

L’accord conclu lundi, a déclaré Macron, devrait encourager d’autres alliés à se joindre à la Suède afin de « bâtir une flotte de frégates européennes interopérables ». L’espagnol Navantia, le britannique Babcock, l’italien Fincantieri et l’allemand ThyssenKrupp Marine Systems comptent également parmi les principaux constructeurs européens de matériel de défense navale.

La Grèce a reçu la première des quatre frégates du Naval Group fin 2025, après avoir signé un premier accord avec le groupe français en 2022.

La défense antimissile de ces frégates contribuera aussi à « l’épaulement » par la France de la dissuasion avancée, dans le cadre de laquelle les forces conventionnelles apportent leur soutien aux opérations nucléaires.

Cela s’inscrit dans le cadre de la doctrine nucléaire révisée de Paris, qui vise à associer d’autres capitales européennes à des exercices de dissuasion et à déployer les forces stratégiques du pays à travers l’Union. La Suède est l’un des neuf pays à avoir accepté l’offre de la France d’étendre sa dissuasion nucléaire. 

Les deux pays ont également signé un accord-cadre ouvrant la voie à un futur accord de coopération à long terme en matière de défense, a ajouté le président français.

(at)