Il est temps de construire les États-Unis d'Europe, déclare Attal

Attal a reproché à l'Union européenne d'Ursula von der Leyen d'avancer trop lentement et de ne pas tenir ses promesses

EURACTIV.com
Gabriel Attal, président du parti Renaissance et candidat à l'élection présidentielle française de 2027, le 30 mai 2026 [Telmo Pinto/NurPhoto]

Gabriel Attal, ancien Premier ministre français et candidat centriste à la présidentielle, souhaite pousser encore plus loin les rêves européens d’Emmanuel Macron, en allant au-delà de l’UE pour créer une véritable fédération européenne.

Jeudi, le politicien de 37 ans a présenté son projet d’« États-Unis d’Europe », affirmant que le modèle de l’UE à 27 pays a « atteint ses limites » et doit céder la place à un noyau plus restreint de pays désireux de fusionner leurs économies.

En embrassant un projet encore plus intégrationniste que l’UE actuelle, Gabriel Attal se positionne également comme le candidat le plus explicitement pro-européen de la course à l’élection présidentielle française, où s’affrontent de nombreux candidats centristes.

Dans les derniers sondages, Attal se trouve derrière son collègue centriste Édouard Philippe et doit également faire face à la concurrence du candidat pro-européen de centre-gauche Raphaël Glucksmann.

Un sondage Ipsos publié cette semaine attribue à Philippe entre 14 et 21 %, à Glucksmann entre 11,5 et 13,5 % et à Attal entre 6 et 15,5 % selon différents scénarios de premier tour.

U.S.E. ou Europe à deux vitesses ?

Le projet d’Attal prévoit qu’un premier groupe de huit à dix pays supprime les barrières économiques restantes, fasse converger les taux d’imposition, élabore une législation commune sur le travail et les affaires, et mette en place un marché unique des capitaux. Un Trésor commun de l’U.S.E. serait en mesure d’émettre des titres de dette conjoints pour financer des investissements dans des domaines allant de l’intelligence artificielle et de l’espace à l’énergie nucléaire et à la défense.

« Avec l’UE, nous avons fait le marché unique. Avec l’euro, la monnaie unique », a déclaré Attal à ses partisans à Reims. « Ce que je vous propose aujourd’hui, c’est de faire une économie unique. »

Attal insiste sur le fait que sa fédération n’équivaudrait pas à un super-État européen, car les pays conserveraient le contrôle de leurs armées, de leur diplomatie, de leur justice et de leur sécurité intérieure.

Il chercherait à établir un traité fondateur entre les pays volontaires, avec un président élu au suffrage direct habilité à gouverner dans les domaines qu’ils accepteraient de fédéraliser.

Von der Leyen dans le collimateur

Attal s’est montré critique à l’égard des personnes qui dirigent actuellement Bruxelles, rejetant le discours phare de von der Leyen sur « l’état de l’Union » prononcé mercredi.

« Ce discours, c’est trop tard, trop peu, alors qu’il faut aller plus vite, plus loin », a-t-il déclaré.

Cette critique est d’autant plus remarquable compte tenu des liens qu’entretient Attal avec Bruxelles : la présidente de Renew Europe, Valérie Hayer, fait partie de son équipe politique et l’aide à élaborer son programme sur toutes les questions européennes, tandis que son partenaire, Stéphane Séjourné, est commissaire européen chargé de l’industrie.

« Séjourné n’a joué aucun rôle », a déclaré un responsable de l’équipe d’Attal. « Valérie Hayer, en revanche, travaille sur ce projet depuis le début. »

(bw)