Malte : le parti Roberta Metsola mise sur un jeune homme de 30 ans pour reprendre le pouvoir

Le Parti nationaliste de centre-droit auquel appartient la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, mise sur la jeunesse pour reconquérir le pouvoir après douze années passées dans l’opposition. À sa tête, Alex Borg, 30 ans.

EURACTIV.com
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Alex Borg, chef de l'opposition maltaise. [Groupe PPE/Martin Lahousse]

Alex Borg, député de l’île de Gozo, a confié à Euractiv que le parti devait adopter un discours plus affirmé, notamment sur les enjeux sociaux et environnementaux qui touchent Malte, le plus petit État de l’Union européenne. Selon lui, cette stratégie est cruciale pour espérer revenir au gouvernement lors des prochaines élections générales, prévues d’ici 2027.

« Le sans-abrisme est une nouvelle réalité à Malte, nous n’avons jamais connu cela auparavant », a-t-il par exemple affirmé. « Nous pouvons gagner davantage si les gens connaissent réellement nos convictions. »

Avocat et député depuis 2022, Alex Borg a été élu à la tête du Parti nationaliste le mois dernier, avec seulement 44 voix d’avance. Il s’attelle désormais à moderniser la communication du parti via les podcasts et les réseaux sociaux.

Bien que le Parti travailliste reste en tête des sondages, l’écart avec les nationalistes s’est réduit depuis le début de l’année, en partie grâce aux gains réalisés par les petits partis.

Lors de son premier déplacement à Bruxelles en tant que chef du parti, Alex Borg a rencontré la commissaire à l’Environnement Jessika Roswall pour discuter des problèmes de surpopulation et de surdéveloppement sur les îles maltaises. Il a également échangé avec ses collègues du Parti populaire européen (PPE, centre-droit) sur la défense de l’État de droit.

Malgré un sentiment persistant de corruption à Malte, le classement de Transparency International indique une amélioration ces dernières années. Cependant, le dernier rapport du GRECO, organe anti-corruption du Conseil de l’Europe, souligne que les progrès dans la lutte contre la corruption restent limités.

Le Parti travailliste, au pouvoir depuis 2013, a été secoué par plusieurs scandales de corruption, notamment celui lié à l’ancien Premier ministre Joseph Muscat après l’assassinat de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia il y a huit ans.

Aujourd’hui, sous le Premier ministre Robert Abela, Alex Borg accuse le Parti travailliste d’avoir perdu ses « valeurs sociales ». « Ils s’accrochent au pouvoir parce que […] ils maximisent le pouvoir de leur mandat, ils distribuent beaucoup d’argent, des chèques », a-t-il déclaré.

Roberta Metsola devrait rester à Bruxelles

Après la démission soudaine de Bernard Grech de la tête du Parti nationaliste en juin, des rumeurs ont circulé sur le retour possible de Roberta Metsola — très appréciée dans son pays — à Malte pour diriger le parti en vue des élections de 2027.

Mais la présidente du Parlement européen, élue à deux reprises à la tête de l’hémicycle, a finalement décidé de rester à Bruxelles, affirmant qu’elle « ne pouvait pas abandonner » ses responsabilités au niveau européen. Désormais, selon certaines sources, Roberta Metsola briguerait un troisième mandat à la tête du Parlement européen (2027-2029).

« Elle s’est engagée à aider le parti autant que possible », a précisé Alex Borg, qui a fait campagne pour qu’elle entre au Parlement européen en 2019.

« Elle excelle dans la politique européenne, c’est la meilleure que j’ai jamais vue. Je pense que le parti serait perdant si nous la perdions, car imaginez combien de portes s’ouvrent lorsque vous avez la présidente du Parlement européen là-bas », a-t-il continué.

Interrogé pour savoir si Roberta Metsola devrait rester dans la capitale européenne pour un nouveau mandat de présidente de l’hémicycle européen, Alex Borg a répondu : « Ce serait formidable, évidemment, car cela ne s’est jamais produit. Et pour une Maltaise […] ce serait incroyable. »

Si elle quittait le Parlement, « Malte serait perdante », a-t-il conclu.

(asg)