Marchés agricoles : Barnier favorable à une régulation des dérivés
En visite au salon de l’agriculture, le commissaire européen est revenu sur la révision de la directive sur les marchés d’instruments financiers, qui sera proposée en juin par Bruxelles.
En visite au salon de l’agriculture, le commissaire européen est revenu sur la révision de la directive sur les marchés d’instruments financiers, qui sera proposée en juin par Bruxelles.
«Ce n’est pas parce que je suis à Bruxelles que je m’éloigne des préoccupations agricoles.» Le comissaire européen au Marché intérieur, Michel Barnier, était en visite au salon de l’agriculture, mardi 22 février à Paris.
«Nous tenons à la politique agricole commune», a affirmé l’ancien ministre de l’Agriculture, qui continue à suivre de très près les dossiers agricoles. Au sein de son cabinet, un conseiller travaille d’ailleurs exclusivement sur ces sujets. Il a affirmé que la méthode adoptée par la Commission était satisfaisante : «La politique d’abord, le budget ensuite», a-t-il affirmé.
Mais il a reconnu que le débat budgétaire s’annoncerait «difficile». «Nous devons garder un budget qui soit à la hauteur de cette grande politique économique», a-t-il préconisé. Reprenant l’expression qu’il avait utilisé en 2008, lors des discussions sur le bilan de santé de l’agriculture européenne, Michel Barnier a affirmé qu’il voulait une PAC «plus équitable et plus durable».
Transparence
A l’instar du gouvernement français, il s’est dit particulièrement préoccupé par la volatilité des prix des matières premières agricoles. Cette variation est due, selon lui, à trois facteurs : l’accroissement de la demande agricole, les fluctuations monétaires et la spéculation.
Le commissaire européen a insisté : «La première raison de la volatilité n’est pas la spéculation». Il a néanmoins déploré que les matières premières alimentaires «deviennent des produits spéculatifs comme les autres». Il a évoqué la transparence à instaurer sur les marchés : «Je veux qu’on mette de la lumière sur des gens qui n’aiment pas beaucoup ça, ainsi que des règles», a-t-il affirmé.
Pour cela, il s’est dit en faveur de l’instauration de limites de position sur les marchés dérivés de matières premières. Un système déjà en vigueur aux États-Unis qui consiste à déterminer un nombre maximum de contrats susceptibles d’être conclus par chaque investisseur sur les marchés secondaires. La Commission fera des propositions en ce sens lorsqu’elle proposera une révision de la directive concernant les marchés d’instruments financiers (plus connue sous le nom de «Mifid», en anglais), au mois de juin.
Détermination
Faut-il être déçu que le G20 ait relégué cette question à un groupe de réflexion, présidé par le Japon? «L’important, c’est que le débat ait été ouvert, mais pas fermé. La présidence française du G20 a bien fait de poser la question», répond Michel Barnier.
Le commissaire a tenu à montrer sa détermination sur ce point : «Quel que soit le rythme de travail de ce groupe de réflexion, nous allons légiférer en Europe.»
Interrogé sur l’absence de son collègue en charge de l’Agriculture, Dacian Ciolos, Michel Barnier a évoqué une «contrainte d’emploi du temps». «Il ne faut voir en cette absence aucune signification particulière», a-t-il insisté.