Mario Draghi regrette la « lenteur » de l'UE, Ursula von der Leyen encourage les efforts
Un an après son rapport dont les propositions devaient relancer l'économie de l'UE, Mario Draghi a alerté sur le fait que les défis économiques de l'Europe se sont « aggravés » au cours de l'année écoulée. À ses côtés, lors d'un événement à Bruxelles, Ursula von der Leyen s'est voulue confiante.
Selon Ursula von der Leyen, les efforts déployés par l’UE pour revigorer son économie chancelante doivent être menés avec la même urgence que l’augmentation des dépenses militaires.
La présidente de la Commission européenne a affirmé que la mise en œuvre rapide par l’Union du plan de dépenses de défense « Readiness 2030 » anciennement baptisé « ReArm Europe », destiné à mobiliser 800 milliards d’euros, démontre le « sens de l’urgence » pour écarter la menace militaire croissante de la Russie et parvenir à une « indépendance » en matière de sécurité par rapport aux États-Unis.
Mais les tentatives des décideurs politiques pour stimuler l’économie de l’UE en réduisant la bureaucratie, en intégrant son marché unique et en réformant les règles de concurrence n’ont pas été poursuivies avec le même sens de la conviction, remarque la patronne de l’UE.
« J’aimerais voir le même sentiment d’urgence dans notre programme de compétitivité », a-t-elle encouragé lors d’une conférence à Bruxelles. « Car nos entreprises et nos travailleurs ne peuvent plus attendre ».
Subtilement, la présidente de la Commission européenne a mentionné le Parlement européen en appelant à « l’approbation urgente par les députés » des paquets « Omnibus » de la Commission, qui visent à réduire les obligations d’information des entreprises dans une série de domaines et sont actuellement débattus par les eurodéputés.
Ursula von der Leyen a également suggéré que le Parlement accélère les efforts pour intégrer les marchés de capitaux fragmentés de l’Union et ratifier l’accord commercial de l’UE avec les États-Unis.
Où sont les champions ?
Ursula von der Leyen a reconnu la responsabilité de la Commission concernant les actions lentes dans certains domaines.
Elle a notamment annoncé que l’exécutif européen doit « avancer » la publication de ses lignes directrices sur les fusions, qui devraient inclure de nouvelles propositions visant à créer des « champions européens » autrement dit des entreprises capables de combler les besoins d’investissement massifs du continent.
À la suite du discours d’Ursula von der Leyen, l’ancien président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a expliqué que les défis économiques de l’Europe s’étaient aggravés depuis la publication, l’année dernière, de son rapport historique sur la compétitivité de l’UE.
« Les fondements de la croissance de l’Europe, l’expansion du commerce mondial et les exportations de grande valeur, se sont encore affaiblis », a déploré le technocrate italien, pointant du doigt les droits de douane considérables du président américain Donald Trump et la concurrence chinoise de plus en plus féroce.
Mario Draghi a également enjoint l’UE à être moins « complaisante » dans l’élaboration de ses politiques, ajoutant que des « excuses » sont trop souvent avancées pour expliquer la « lenteur » de l’Union à adopter des législations efficaces.
« Continuer comme d’habitude, c’est se résigner à prendre du retard », a-t-il insisté. « Une voie différente exige une nouvelle vitesse, une nouvelle échelle et une nouvelle intensité ».
(sn)