Merz place la réforme des dépenses au cœur du débat sur le budget de l'UE
Lors de la cérémonie de remise du Prix Charlemagne qui s'est tenue jeudi, le chancelier allemand a également réaffirmé son opposition à la création d'une nouvelle dette commune
Selon Friedrich Merz, le chancelier allemand, les dépenses de l’UE doivent être modernisées afin de privilégier les investissements dans la défense et la compétitivité, tout en réduisant les subventions agricoles traditionnelles ou les aides régionales.
L’Allemagne – première économie européenne et premier contributeur au budget de Bruxelles – a fixé des limites alors que s’ouvre le débat sur les prochains plans de dépenses à long terme de l’UE.
« Le contenu et la structure du budget de l’UE sont restés pratiquement inchangés au cours des dernières décennies », a souligné Merz jeudi, ajoutant que « plus des deux tiers des fonds européens sont toujours consacrés à la redistribution et aux subventions ».
Alors que les négociations sur le plan de dépenses de 1 800 milliards d’euros proposé par la Commission européenne pour la période 2028-2034 s’accélèrent, la pression s’intensifie sur les capitales pour qu’elles décident comment financer les nouvelles priorités de l’Union tout en remboursant la dette liée à la pandémie de Covid-19, qui remonte au dernier accord budgétaire.
Merz a fait valoir que l’UE devrait concentrer ses dépenses pour ce cycle sur des priorités stratégiques et des investissements afin de faire entrer le budget dans une nouvelle ère géopolitique.
« Une structure allégée, des investissements dans la compétitivité et la défense, une priorité accordée aux ressources européennes pour la politique européenne. Tout cela est nécessaire car les ressources sont limitées », a déclaré le conservateur allemand, ajoutant que l’Allemagne « soutenait fermement » les efforts de la Commission pour réformer le prochain budget.
La proposition de l’exécutif européen prévoit une refonte majeure de la structure budgétaire, notamment la fusion de 52 programmes en 16 et l’intégration des fonds sociaux, agricoles et de cohésion dans 27 plans nationaux.
Traditionnellement, l’agriculture et la cohésion représentaient chacune environ un tiers du budget de l’Union, mais la nouvelle proposition leur alloue une part combinée d’environ 44 %.
Les remarques de Merz ont renforcé l’opposition de longue date de l’Allemagne à l’augmentation de la dette commune au niveau de l’UE et ont souligné la nécessité de financer les nouvelles priorités budgétaires par une réaffectation des ressources plutôt que par une augmentation du budget global.
En revanche, Emmanuel Macron et Kyriakos Mitsotakis, les dirigeants français et grec, ont soutenu ces dernières semaines l’idée d’un nouvel endettement commun et d’un report de la dette liée à la pandémie afin de financer les priorités communes de l’Union.
Les dirigeants de l’UE doivent se réunir les 18 et 19 juin à Bruxelles pour un sommet qui devrait marquer une étape clé dans les négociations sur le CFP, la présidence chypriote du Conseil ayant pour objectif de présenter pour la première fois des chiffres indicatifs sur le montant du budget.
Les députés européens, quant à eux, ont plaidé en faveur d’un budget plus important, votant en avril pour augmenter le montant total du CFP de 10 % par rapport à la proposition de la Commission.
(bw)