Meta prend exemple sur X et souhaite supprimer les vérificateurs de faits en 2025
Le fondateur et PDG de Meta, Mark Zuckerberg, a annoncé mardi 7 janvier que son entreprise mettrait fin à son programme de vérification des faits (fact-checking) par des tiers en 2025, en commençant par les États-Unis, et passerait à un modèle de notes de la communauté similaire à l’approche de X.
Le fondateur et PDG de Meta, Mark Zuckerberg, a annoncé mardi 7 janvier que son entreprise mettrait fin à son programme de vérification des faits (fact-checking) par des tiers en 2025, en commençant par les États-Unis, et passerait à un modèle de notes communautaires, similaire à l’approche de X.
Pour justifier la suppression de ce programme, créé en 2016, Mark Zuckerberg a déclaré qu’il commettait « trop d’erreurs et trop de censure ».
Les systèmes automatisés qui analysent les contenus en ligne sur Facebook et Instagram pour déterminer les infractions aux règles de Meta se concentreront désormais sur l’identification des « violations illégales et de haute sévérité », a annoncé Meta. Ces violations comprennent notamment l’exploitation sexuelle des enfants, les activités liées à la drogue, le terrorisme, la fraude et les escroqueries.
En ce qui concerne la désinformation, Meta n’appliquera plus automatiquement des étiquettes aux contenus signalés comme faux par des vérificateurs des faits tiers. Dorénavant, les utilisateurs ajouteront des notes ou commentaires sous les articles qu’ils considèrent comme faux, en soulignant les inexactitudes et en partageant leurs points de vue alternatifs.
Meta ne prévoit pas de licencier le personnel chargé de la modération des contenus, et ces équipes continueront à lutter contre les contenus qui violent ses normes communautaires, comme les discours haineux, la violence graphique ou l’intimidation, a assuré un porte-parole de Meta à Euractiv.
En ce sens, l’approche de Mark Zuckerberg diverge de celle d’Elon Musk, qui a licencié les équipes de modération de contenu quelques mois après avoir acquis Twitter (renommé X) en avril 2022. Pourtant, suivant les traces du propriétaire du réseau social X, le siège de l’équipe de fiabilité et de sécurité de Meta sera également déplacé de la Californie, bastion du Parti démocrate, vers le Texas, à majorité républicaine.
Il n’est actuellement pas prévu de mettre fin au programme de vérification des faits par des tiers dans l’Union européenne (UE), puisque ce programme fait partie des bonnes pratiques établies dans le cadre du règlement phare de l’Union sur la modération des contenus, le règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA).
Cependant, avant que Meta ne puisse introduire ce système de notes communautaires dans l’UE, l’entreprise devra démontrer que la mise à jour atténuera les risques systémiques sur ses plateformes, et soumettre le rapport à l’exécutif de l’UE, a indiqué un porte-parole de la Commission européenne à Euractiv.
Et il est peu probable que la Commission soit favorable à un tel changement, car elle a ouvert une enquête sur X en décembre 2023 en partie à cause de ce fameux système de notes communautaires.
En tant que signataire du code de bonnes pratiques de l’UE sur la désinformation, que X a quitté en mai 2023, Meta a volontairement accepté de coopérer avec la communauté des vérificateurs de faits et d’utiliser des vérificateurs de faits pour travailler sur ses plateformes dans toute l’UE.
La Commission prévoit d’intégrer le code de bonnes pratiques dans les obligations du DSA au cours du premier semestre 2025.
Meta examinera ses obligations légales au sein de l’UE avant d’apporter des changements à son programme de vérification des faits par des tiers, a expliqué le porte-parole de l’entreprise à Euractiv.
[Édité par Anna Martino]