Migration : Matteo Salvini appelle à « écraser » le trafic d’êtres humains

Le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures et des Transports Matteo Salvini, appartenant au nouveau gouvernement de droite italien, a appelé à « écraser » les trafics d'armes et de drogues liées au trafic d’êtres humains.

EURACTIV Italie
Italian Minister of Infrastructure, Matteo Salvini attends the Italian TV program ‘Porta a porta’
« Chaque individu à bord de ces navires paie environ 3 000 dollars, qui deviennent des armes et des drogues pour les trafiquants », a déclaré M. Salvini, chef du parti d'extrême droite de La Ligue (Lega) à la radio italienne RTL 102.5. [EPA-EFE/MASSIMO PERCOSSI]

Le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures et des Transports Matteo Salvini, appartenant au nouveau gouvernement de droite italien, a appelé à « écraser » les trafics d’armes et de drogues liées au trafic d’êtres humains, alors que les ONG luttent pour que les demandeurs d’asile secourus puissent débarquer.

Plusieurs navires d’ONG étrangères demandent depuis dimanche (6 novembre) à l’Italie l’autorisation de débarquer un millier de migrants, tandis que deux navires transportant des demandeurs d’asile secourus ont déjà accosté sur les côtes du pays. Le ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi a autorisé les femmes et les enfants à débarquer, mais refuse d’en faire autant avec les hommes en bonne santé restés sur le navire avec leurs sauveteurs.

« Chaque individu à bord de ces navires paie environ 3 000 dollars, qui deviennent des armes et des drogues pour les trafiquants », a déclaré M. Salvini, chef du parti d’extrême droite de La Ligue (Lega) à la radio italienne RTL 102.5.

« Ces périples organisés sont de plus en plus dangereux. Nous devons écraser le trafic non seulement d’êtres humains, qui est déjà énorme, mais d’armes et de drogues liées au trafic d’êtres humains », a ajouté M. Salvini. Ce dernier a été inculpé en 2019 du crime d’enlèvement aggravé après avoir empêché, en tant que ministre de l’Intérieur, le débarquement de 147 migrants du navire de l’ONG espagnole Open Arms.

Les navires Rise Above, Norwegian Ocean Vikings, German Humanity 1 et Geo Barents insistent pour rester dans les eaux italiennes malgré l’ordre du gouvernement italien demandant aux bateaux de regagner les eaux internationales. Ces navires sont donc passibles d’une amende de 50 000 euros tandis que les deux derniers ont déjà accosté au port de Catane, en Sicile.

« Un groupe d’avocats suit la position juridique des 35 réfugiés à bord du navire Humanity 1. Ils ne partiront pas car cela serait illégal. Nous agissons pour faire respecter la loi et le droit international », a annoncé Aboubakar Soumahoro, député nouvellement élu des Verts et de la Gauche italienne.

L’Allemagne fait appel à l’UE, la Norvège fuit ses responsabilités

« Il est certes important que des centaines de personnes aient pu débarquer, mais il est important que toutes les personnes soient secourues et qu’elles puissent atteindre la terre ferme », a déclaré la porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Sabine Sasse. Elle indique également que l’Allemagne est « en contact étroit avec les autorités italiennes », rappelant que le sauvetage en mer est un « devoir moral et légal ».

Par ailleurs, l’Allemagne appelle la Commission européenne à coordonner le débarquement et l’éventuelle répartition des migrants. La Norvège précise pour sa part qu’elle n’a « aucune responsabilité » quant aux activités des navires des ONG en Italie, même s’ils battent pavillon norvégien.

En vertu du droit international, il existe un « devoir moral et juridique de sauver les gens en mer », affirme une porte-parole de la Commission européenne, qui appelle l’Italie à faciliter le débarquement des migrants et à « minimiser le temps que les gens passent en mer ».

Ce que l’on appelle le « droit international de la mer » se compose d’un certain nombre de conventions et d’accords, dont le règlement de Dublin de 2013 sur les demandes d’asile.

Tous prévoient le sauvetage rapide de tout naufragé, qui doit se voir garantir un débarquement dans un « lieu sûr ».