Migrations : la Commission européenne annonce que des discussions avec les talibans sur les retours sont en cours

La Commission européenne a confirmé avoir tenu des discussions « exploratoires au niveau technique » avec les autorités de facto talibanes, en coordination avec le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), sur la question des retours en Afghanistan.

EURACTIV.com
[Getty Images/Mohammed Noori_Anadolu]

Bruxelles s’efforce déjà d’assurer « une coordination au niveau de l’UE en matière de retour », y compris en ce qui concerne la situation des ressortissants afghans, a déclaré lundi 20 octobre un porte-parole de la Commission lors d’une conférence de presse.

Au cours du week-end, la Belgique a adressé une lettre au responsable de la migration de l’UE, cosignée par 19 autres pays, demandant la mise en place d’un mécanisme à l’échelle de l’UE pour coordonner l’expulsion des ressortissants afghans qui n’ont pas le droit légal de rester dans l’Union ou qui ont été condamnés pour des crimes.

Les pays qui soutiennent l’initiative menée par la Belgique sont l’Autriche, la Bulgarie, Chypre, la République tchèque, l’Allemagne, l’Estonie, la Finlande, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, la Slovaquie et la Suède.

Ces pays demandent une coordination plus étroite entre la Commission, son bras diplomatique, le SEAE, et les pays européens volontaires. Ils proposent également une mission conjointe de l’UE en Afghanistan.

« La Commission et le Service pour l’action extérieure ont été en contact étroit avec les États membres sur cette question », a indiqué le porte-parole, ajoutant qu’« au début de cette année, nous avons engagé des contacts exploratoires au niveau technique avec les autorités de facto en Afghanistan ».

Le porte-parole a déclaré que l’exécutif européen « reste prêt à continuer à soutenir les États membres dans leurs efforts ».

Certains États de l’UE ont déjà pris des mesures au niveau national. En Allemagne, par exemple, le gouvernement de coalition (CDU/CSU, SPD) du chancelier Friedrich Merz est sur le point de conclure un accord avec les autorités talibanes à Kaboul pour reprendre les vols d’expulsion réguliers, même sans reconnaître officiellement le régime taliban.

Le plus grand État de l’UE a déjà organisé deux vols d’expulsion d’Afghans condamnés depuis 2021 — un en juillet de cette année, un en 2024 — organisés par le Qatar dans un rôle de médiateur.

L’Union européenne ne reconnaît pas officiellement le régime taliban qui a pris le pouvoir en Afghanistan en 2021.