Migrations : des ministres de l'UE poussent pour des retours en Syrie et en Afghanistan

Réunis vendredi 18 juillet au sommet du Zugspitze, en Allemagne, plusieurs ministres européens de l’Intérieur ont appelé à rendre possibles les expulsions vers l’Afghanistan et la Syrie. Une déclaration commune a été signée, au ton résolument ferme.

/ EURACTIV.com
Zugspitz Summit on Migration
Le commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner (à droite), et le ministre tchèque de l'Intérieur, Vit Rakusan, au sommet du Zugspitze, le 18 juillet 2025. [ EPA/RONALD WITTEK]

À l’initiative du ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, des représentants de la France, de l’Autriche, de la Pologne, du Danemark, de la République tchèque et le commissaire européen aux Affaires intérieures, Magnus Brunner, ont approuvé une déclaration appelant à une politique migratoire plus stricte à l’échelle de l’Union.

Le groupe souhaite des mécanismes de retour plus rapides et plus faciles pour les migrants en situation irrégulière et insiste sur le fait que les expulsions vers l’Afghanistan et la Syrie « doivent être possibles ».

La déclaration demande également que le mandat de l’agence européenne des gardes-frontières et gardes-côtes (Frontex) soit renforcé afin de faciliter l’envoi de migrants vers des centres situés dans des pays tiers, y compris un mandat pour effectuer les retours depuis des pays tiers tels que les pays des Balkans occidentaux.

Plus tôt dans la journée, Berlin a expulsé un groupe de criminels condamnés vers l’Afghanistan — pays dirigé par les talibans. Il s’agit de la première expulsion de ce type depuis 2024 et de la première sous le gouvernement du chancelier Friedrich Merz (CDU) et d’un signe du virage que prend Berlin en matière de migrations.

Les retours et les expulsions constituent une « lacune dans la réorganisation du système migratoire », a souligné Alexander Dobrindt, ajoutant qu’il s’agissait « d’un domaine dans lequel nous devons faire davantage ».

Son homologue autrichien, Gerhard Karner, a adopté un ton triomphant à l’issue de la réunion, soulignant les « nouvelles opportunités » récemment créées.

Début juillet, l’Autriche a expulsé un condamné vers la Syrie, une première dans l’UE après la chute du régime d’Assad, et l’Allemagne a fait de même avec des expulsions vers l’Afghanistan.

« Il s’agit là d’étapes extrêmement importantes vers une politique d’asile crédible en Europe, si nous pouvons également renvoyer les criminels dans leur pays d’origine », a déclaré le ministre autrichien.

En décembre, Bruxelles avait encore adopté une position beaucoup plus prudente. La Commission européenne avait alors réaffirmé sa position selon laquelle, malgré les changements politiques en Syrie, les conditions nécessaires à des retours sûrs, volontaires et dignes n’étaient toujours pas réunies, faisant écho à l’évaluation de l’agence des Nations unies pour les réfugiés.

Les États membres se sont également engagés à « analyser attentivement » les arrêts de la Cour européenne des droits de l’Homme en matière d’asile, un clin d’œil à la lettre italo-danoise qui a contribué à déclencher le débat actuel.

La semaine prochaine, les ministres de l’Union européenne se réuniront à nouveau à 27 pour la réunion informelle « Justice et affaires intérieures » à Copenhague, où des sujets tels que l’immigration clandestine et le renforcement du système de retour figurent en bonne place à l’ordre du jour.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]