Migrations : prévention des départs et lutte contre les trafiquants « pas contradictoires », selon la Commission

La lutte contre les passeurs et la prévention contre les départs ne sont pas contradictoires, a déclaré le vice-président de la Commission, lors d’une conférence de presse vendredi à l’issue d’une réunion extraordinaire des ministres de l’UE.

/ Euractiv.com
EU Commission migration package
Les priorités communes de l’UE consistent notamment à prévenir « les départs et à éviter les pertes de vies humaines, à s’attaquer aux causes profondes de la migration et à lutter contre les réseaux de passeurs, ainsi qu’à améliorer sensiblement les retours et les réadmissions ». [[EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]]

La lutte contre les passeurs et la prévention contre les départs ne sont pas contradictoires, a déclaré le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, lors d’une conférence de presse vendredi à l’issue d’une réunion extraordinaire des ministres de l’Intérieur de l’UE sur la migration.

La réunion a été convoquée à la suite de la crise qui a ébranlé l’Italie au début du mois de novembre, alors que le nouveau gouvernement de droite de Giorgia Meloni a engagé un bras de fer avec un certain nombre de bateaux d’ONG qui secouraient des migrants tentant de traverser la Méditerranée.

La prévention des départs et l’amélioration des retours et des réadmissions ont été les principales priorités exposées par les ministres de l’UE vendredi (25 novembre). Ces derniers ont en outre déclaré être parvenus à un terrain d’entente sur la manière de gérer les flux migratoires.

Les priorités communes de l’UE consistent notamment à prévenir « les départs et à éviter les pertes de vies humaines, à s’attaquer aux causes profondes de la migration et à lutter contre les réseaux de passeurs, ainsi qu’à améliorer sensiblement les retours et les réadmissions ».

Toutefois, toutes les organisations impliquées dans les missions de recherche et de sauvetage ne sont pas d’accord sur l’intérêt des accords avec les pays tiers.

L’ONG Médecins sans frontières a fait valoir que l’accord entre l’Italie et la Libye, en place depuis 2017, « contribue directement et matériellement au refoulement d’hommes, de femmes et d’enfants, mais soutient également les centres de détention — officiellement appelés “centres d’accueil” — où les personnes sont soumises à des traitements inhumains et dégradants, sont maltraitées et tuées ».

Les ministres ont également souligné la nécessité d’établir un « système de migration et d’asile plus résilient » et de « réformer le pacte européen sur l’asile et la migration dès que possible ».

Ils ont également exprimé leur « engagement à accroître les efforts pour mettre en œuvre le mécanisme de solidarité convenu par un certain nombre d’États membres en juin ».

En amont de la réunion, le ministre grec des Migrations et de l’Asile, Notis Mitarakis, a indiqué que le mécanisme de relocalisation volontaire « placera moins de 1 % de toutes les arrivées dans les pays MED5 cette année ». Le terme de MED5 fait référence aux pays en première ligne en matière d’accueil des migrants, à savoir la Grèce, Chypre, l’Italie, Malte et l’Espagne.

Les ministres ont également pris acte du plan d’action de la Commission présenté en début de semaine pour la Méditerranée centrale et ont demandé que des plans similaires soient présentés par l’exécutif européen pour d’autres routes migratoires, telles que les Balkans occidentaux.

Le plan d’action de la Commission visait principalement à « réduire les migrations irrégulières et risquées » en travaillant avec des organisations internationales et plusieurs États d’Afrique du Nord, dont le Maroc, la Tunisie, l’Égypte et la Libye. Il visait également à créer « une approche plus coordonnée en matière de recherche et de sauvetage » et à favoriser la mise en œuvre du mécanisme de solidarité volontaire.

Pour sa part, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi, a exhorté l’UE à « mettre la sûreté et la solidarité au cœur de son action en Méditerranée et le long de toutes les autres routes migratoires ».

M. Grandi a ajouté que « la situation désespérée en Méditerranée ne remplace pas la nécessité de réformes plus larges pour un système d’asile commun mieux géré et plus équitable, comme le propose le Pacte européen sur la migration et l’asile ».

« Mais les gens ne peuvent pas se permettre d’attendre », a-t-il conclu.

Le HCR a également souligné « l’importance vitale du sauvetage en mer par tous les acteurs, y compris les navires de sauvetage des ONG ».