Mobilisation sur tous les fronts contre la sécheresse
Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a annoncé une série de mesures pour palier les effets de la sécheresse. Une réflexion à plus long terme va être engagée au sein de l’Union européenne.
Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a annoncé une série de mesures pour palier les effets de la sécheresse. Une réflexion à plus long terme va être engagée au sein de l’Union européenne.
Début mai, Bruno Le Maire avait obtenu des assouplissements administratifs de la Commission européenne en faveur de l’agriculture française comme le versement anticipé d’aides ou le droit d’utiliser les jachères pour nourrir les bêtes.
Solidarité nationale
Mais face à la situation qui empire de jours en jours en l’absence de pluies significatives, le ministre de l’Agriculture a lancé une nouvelle série de mesures nationales. Bruno Le Maire avait un seul message à faire passer, « celui de la solidarité de la nation tout entière », a-t-il martelé à la presse, mardi 31 mai.
Ce soutien se matérialisera en premier lieu par une aide financière aux éleveurs, les plus touchés par la sécheresse, via le Fonds de garantie des calamités agricoles, qui doit se réunir le 15 juin prochain. En 2003, année de canicule, sa première réunion avait eu lieu le 15 août.
Le coût de cette décision n’est pas encore chiffré mais, « penser qu’on s’en sortira à 80 ou 100 millions d’euros serait naïf », estime le ministre. Selon Bruno Le Maire, les indemnisations commenceront à être versées le 15 septembre prochain. Les sources de financements ne sont toujours pas connues mais il a réitéré son opposition à un impôt sécheresse.
Solidarité du monde agricole
La situation actuelle est maintenant considérée comme, « comparable à 1976 ». Toutes les ressources en paille vont donc être mobilisées et les préfets auront la possibilité d’interdire les broyages. Dans une quarantaine de départements, un prix « sur champ » de la tonne de paille à 25 euros sera garanti. La SNCF a été contactée pour assurer le transport.
Le Crédit agricole, premier établissement financier du secteur, a accepté de mettre 700 millions d’euros de prêts à disposition des éleveurs à un taux de 2% (1,5% pour les jeunes).
Même les assureurs
Pour que le dispositif soit vraiment complet, il a été demandé aux assureurs d’élargir la garantie des risques en raison des dangers accrus du stockage de la paille lors des périodes de sécheresse.
De plus, la Mutuelle Sociale Agricole (MSA) a prévu de reporter le paiement des cotisations, ce qui ferait économiser – momentanément – 3000 euros à chaque exploitant.
Insuffisant?
Présent à la réunion avec le ministre de l’Agriculture, Gérard Durand de la Confédération paysanne juge ces mesures insuffisantes. « La véritable solidarité, c’est que la paille soit donnée aux éleveurs (…). Et il faut interdire dès maintenant son broyage. Totalement. ».
Pour Bernard Lannes, président de la Coordination rurale, le problème n’est pas le manque de paille « mais sa répartition » géographique. Il est aussi favorable à l’utilisation du blé destiné aux bio-carburants pour nourrir les bêtes.
Un fonds européen
La veille de ces annonces, le député européen socialiste français Stéphane Le Foll a « exigé » la mise en place d’un fonds d’urgence, qui serait alimenté par les surplus du budget communautaire 2011.
Interrogé sur cette proposition par Euractiv.fr, Bruno Le Maire l’a jugé tout à fait valable. Mais, pour lui, la priorité reste de pouvoir nourrir les animaux et assurer dès maintenant aux agriculteurs des liquidés de trésorerie.
Long terme
L’Union européenne ne reste pas en retrait. Le 30 mai au soir, le commissaire à l’Agriculture, Dacian Ciolos a annoncé la mise en place d’un groupe de haut niveau sur l’élevage en Europe et son avenir. Il devrait remettre ses premières propositions à la fin du mois de juin.
Pour beaucoup d’éleveurs, la crise actuelle pose la question de la poursuite de leur activité. « Il faut leur montrer que la partie n’est pas finie », a déclaré Bruno Le Maire. « Je crois en l’avenir de l’élevage bovin en France ».