Moldavie : le parti pro-UE de Maia Sandu remporte les législatives

Le parti pro-européen au pouvoir, le PAS, a remporté les élections législatives du week-end avec un peu plus de 50 % des voix, selon les résultats quasi définitifs publiés lundi 29 septembre par la Commission électorale centrale.

AFP avec EURACTIV.com
Moldovan Parliamentary Election 2025
Igor Grosu, leader du Parti action et solidarité (PAS) pro-européen. [Getty Images/Artur Widak_NurPhoto]

Lundi matin, avec plus de 99,5 % des bulletins dépouillés, le Parti action et solidarité (PAS) de la présidente du pays, Maia Sandu, a recueilli 50,03 % des voix.

Il s’agit d’un léger recul pour le PAS par rapport au scrutin de 2021, où il avait obtenu 52,8 % des voix. Cette légère baisse reflète, selon les analystes, une certaine désillusion populaire liée aux difficultés économiques et sociales persistantes du pays.

Le Bloc patriotique pro-russe a quant à lui obtenu 24,26 %, selon les résultats publiés sur le site web de la Commission électorale.

En amont du scrutin, de nombreux électeurs de ce pays de 2,4 millions d’habitants, l’un des plus pauvres d’Europe, ont exprimé leur frustration face aux difficultés économiques, ainsi que leur scepticisme quant à l’adhésion à l’UE.

Une vingtaine de partis politiques et de candidats indépendants se sont présentés pour les 101 sièges du parlement.

« Ce n’est pas le seul PAS qui a gagné les élections, le peuple a gagné », a déclaré lundi Igor Grosu, chef du parti, au lendemain de sa victoire aux législatives.

La victoire du PAS envoie un « message fort et clair », a affirmé le président du Conseil européen, António Costa. « Le peuple de Moldavie s’est exprimé […] Ils ont choisi la démocratie, la réforme et un avenir européen, face à la pression et à l’ingérence de la Russie » a-t-il écrit sur X.

Ce petit pays candidat à l’adhésion à l’Union européenne, qui partage une frontière avec l’Ukraine et abrite une région séparatiste pro-russe — la Transnistrie —, est depuis longtemps divisé entre le rapprochement avec Bruxelles et un possible retour dans l’orbite russe.

Les élections de dimanche 28 septembre, qui ont mobilisé 52 % des électeurs (un chiffre similaire à celui des dernières législatives de 2021), étaient considérées comme cruciales pour l’avenir du pays, qui a entamé ses efforts en faveur de l’intégration à l’UE après l’invasion de l’Ukraine par Moscou de février 2022.

« Statistiquement parlant, le PAS s’est assuré une majorité fragile », a commenté dimanche pour l’AFP l’analyste Andrei Curararu, du groupe de réflexion WatchDog.md basé à Chisinau.

Mais il a averti que la formation d’un gouvernement serait difficile.

« Le Kremlin a financé une opération trop importante pour se retirer et pourrait recourir à des manifestations, à des pots-de-vin versés aux députés du PAS et à d’autres tactiques pour perturber la formation d’un gouvernement pro-européen stable », a-t-il noté.

Désinformation et ingérence

Les législatives ont été marquées par un climat de tensions et de suspicion.

Après avoir voté, la présidente pro-UE Maia Sandu a mis en garde contre « l’ingérence massive de la Russie ».

Le service de cybersécurité moldave a déclaré dimanche avoir détecté plusieurs tentatives d’attaques contre les infrastructures électorales, qui ont été « neutralisées en temps réel […] sans affecter la disponibilité ou l’intégrité des services électoraux ».

À l’approche du scrutin, les procureurs avaient mené des centaines de perquisitions liées à ce que le gouvernement a qualifié de « corruption électorale » et de « tentatives de déstabilisation », et des dizaines de personnes avaient été arrêtées.

L’Union européenne avait elle aussi dénoncé une « campagne de désinformation sans précédent » orchestrée par la Russie — des accusations démenties par Moscou.

En parallèle, Igor Dodon, ancien président du pays et l’un des dirigeants du Bloc patriotique, a appelé la population à « manifester pacifiquement » lundi et a accusé le PAS d’avoir volé les votes.

« Si des falsifications ont lieu pendant la nuit, nous ne reconnaîtrons pas [le résultat] des élections législatives […] et nous demanderons que de nouvelles élections soient organisées », avait-il déclaré dimanche soir devant la commission électorale, où il s’était rendu avec quelques partisans.

Dans la région séparatiste de Transnistrie, les autorités ont accusé Chisinau de tentatives « nombreuses et flagrantes » visant à limiter le vote des Moldaves vivant sur le territoire séparatiste en réduisant le nombre de bureaux de vote, entre autres.