Municipales en Turquie : le spectre politique français salue la défaite d’Erdogan

Après la débâcle du parti AKP du président turc Recep Tayyip Erdoğan lors des élections locales en Turquie dimanche (31 mars), l'ensemble du spectre politique français salue la défaite de l’ « autoritarisme » et de l’ « islamisme ».

Euractiv France
Turkey holds local elections
Le président turc Recep Tayyip Erdogan (R) quitte un bureau de vote après avoir participé aux élections locales, à Istanbul, Turquie, le 31 mars 2024. [ EPA-EFE/ERDEM SAHIN]

Après la débâcle du parti AKP du président turc Recep Tayyip Erdoğan lors des élections locales en Turquie dimanche (31 mars), l’ensemble du spectre politique français salue la défaite de l’ « autoritarisme » et de l’ « islamisme ».

Dimanche, l’opposition de centre-gauche en Turquie, rassemblée derrière le Parti républicain du peuple (CHP), est arrivée en tête des élections municipales avec 37,7 % des voix, devant le Parti de la justice et du développement (AKP) du président turc M. Erdogan et ses 35,4 %. 

L’ensemble du spectre politique français a salué la défaite du leader conservateur et complaisant avec les mouvances islamistes, à commencer par les socialistes, alliés naturels du CHP.

« Victoire inattendue et inédite de l’opposition sociale- démocrate CHP aux élections municipales. […] Erdogan doit accepter de cohabiter avec une forte aspiration au changement, portée par des leaders crédibles, comme le maire d’Istanbul [Ekrem İmamoğlu] », a ainsi déclaré sur X Pierre Moscovici, ancien ministre socialiste et commissaire européen aux Affaires économiques et financières (2014-2019). 

Jusqu’à l’arrivée de M. İmamoğlu à la mairie d’Istanbul, la ville était un bastion de M. Erdogan, dont il fut maire entre 1994 et 1998. 

À gauche toujours, le leader politique de la France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a tenu à saluer sur X la « victoire électorale de l’opposition de gauche », et en particulier du Parti de l’égalité et de la démocratie des peuples (DEM) dans les régions kurdes de l’ouest de la Turquie. 

Même son de cloche des écologistes à l’extrême-droite

De son côté, l’eurodéputée écologiste (Les Verts/ALE) Karima Delli signale sur X un « tremblement de terre » et rappelle le slogan des opposants à M. Erdogan et son parti : « la Turquie est laïque et le restera ».

C’est ainsi la « défaite historique » du « parti islamiste au pouvoir » que l’on fête, a renchérit sur X l’eurodéputée Renaissance (Renew) Nathalie Loiseau.

À l’extrême-droite du prisme politique, l’eurodéputé Non-inscrit, anciennement Rassemblement national (Identité et démocratie, ID), puis Reconquête! (Conservateurs réformistes européens, CRE), Jérôme Rivière, relève sur X une « lueur d’espoir pour l’UE » et un « signal positif contre l’autoritarisme ».

À l’heure de la publication de cet article, les leaders du Rassemblement national, Jordan Bardella et Marine Le Pen n’ont pas commenté publiquement les résultats des élections. Le gouvernement et l’Élysée non plus.

Pire défaite de son histoire

Le président turc essuie ainsi sa pire défaite depuis son accession au pouvoir en 2002.

Selon Mathieu Gallard, directeur de recherche au sein de l’institut de sondage Ipsos, ces résultats s’expliquent en partie par la victoire du CHP dans les grandes villes comme Izmir, Istanbul, ou encore la capitale Ankara. Aussi, par le score de plus de 4 % du parti Refah, soutien de M. Erdogan lors de la présidentielle de 2023, qui ne s’est pas effacé derrière l’AKP pour ces élections municipales.

En outre, bien que le nombre de mairies détenues par l’AKP reste plus important que celles détenues par le CHP, 63% des Turcs vivront dans un district contrôlé par le CHP, contre seulement 26% dans un district dirigé par un maire du AKP ou du parti d’action nationaliste (MHP), allié de circonstance du AKP, note-t-il sur X.