Ne pas négliger le poids des Verts européens
Bien que réduits en nombre de députés européens, les Verts ne sont pas pour autant à mettre de côté. En raison des tensions politiques post-électorales, ils pourraient encore être utiles à la présidente sortante Ursula von der Leyen de la Commission européenne, candidate à sa succession et en bonne voie d'y parvenir.
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Bien que réduits en nombre de députés européens, les Verts ne sont pas pour autant à mettre de côté. En raison des tensions politiques post-électorales, ils pourraient encore être utiles à la présidente sortante Ursula von der Leyen de la Commission européenne, candidate à sa succession et en bonne voie d’y parvenir.
Avec seulement 53 sièges, soit 7,4 % de l’hémicycle, les Verts sont conscients qu’ils ne disposent pas du même pouvoir de négociation qu’à leur apogée en 2019. Néanmoins, l’expérience de leurs collègues irlandais au cours des quatre dernières années prouve qu’on peut réaliser beaucoup avec peu.
Lors des élections nationales de 2020, le Parti vert irlandais a obtenu 12 des 160 sièges du Dáil Éireann (« Assemblée d’Irlande »), soit 7,5 % de la principale chambre parlementaire du pays. Et pourtant, ces derniers ont réussi à entrer au gouvernement aux côtés des deux plus grands partis centristes.
Certes, leurs débuts n’ont pas été faciles, d’autant qu’ils étaient divisés sur la question de participer, ou non, à un gouvernement, au point que les plus idéalistes ont quitté le parti.
Le chef adjoint du parti a même tenté en vain de détrôner le chef, Eamon Ryan. Quelques mois après leur entrée au gouvernement, deux parlementaires verts, dont un ministre, ont été suspendus par le parti pour avoir refusé de soutenir le gouvernement.
Ils ont toutefois réussi à maintenir le cap sur quelques priorités essentielles : le changement climatique, les énergies renouvelables, l’isolation des habitations et le financement des déplacements actifs, comme le vélo et la marche.
La situation s’est ensuite stabilisée. Durant les négociations de la coalition, le parti a veillé à obtenir des ministères clés, ce qui lui a permis d’accéder aux principaux leviers du pouvoir.
Une grande partie des responsabilités reposait sur Eamon Ryan. Son vaste portefeuille ministériel couvrait le climat, l’environnement, les transports et l’énergie, lui permettant ainsi d’élaborer les lois nécessaires à un changement structurel.
Cependant, le lendemain de l’adoption de la loi européenne sur la restauration de la nature, à laquelle il a contribué, M. Ryan a démissionné de la vie politique invoquant des raisons familiales.
Même si l’Irlande n’a pas encore atteint les objectifs de réduction des émissions, la trajectoire du pays a été fondamentalement modifiée. De fait, il s’est fixé des objectifs climatiques juridiquement contraignants, ainsi qu’un cadre pour le déploiement de l’énergie éolienne en mer, un programme ambitieux d’isolation des logements et une réorientation des budgets consacrés à la mobilité, qui passent de la construction de routes aux transports publics, au vélo et à la marche.
Certes, la scène politique européenne diffère de la scène nationale, mais Ursula von der Leyen est consciente de la volonté des Verts d’accéder au pouvoir et, une fois que la nouvelle Commission sera en place, les Verts ne pourront pas la menacer, de façon crédible, de la renverser.
Toutefois, l’expérience irlandaise illustre qu’avec du pragmatisme, de la concentration et de l’unité, les Verts peuvent encore avoir une grande influence, bien au-delà de leurs 53 sièges.
Les principales actualités de la semaine
Pour approfondir
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