Près d’un milliard de personnes handicapées n’ont pas accès aux technologies d’assistance

Près d’un milliard d’enfants et d’adultes handicapés, ainsi que de personnes âgées, n’ont pas accès aux technologies d’assistance dont ils ont besoin, prévient un nouveau rapport de l’OMS, dont le responsable a exhorté tous les pays à faire de cette question une priorité.

EURACTIV.com
3D-printed prosthetic hand presented in Budapest
Une jeune hongroise essaie une main prothétique imprimée en 3D, fabriquée pour elle lors de la présentation de l’équipe bénévole d’e-NABLE dans le Design Terminal à Budapest, le 21 septembre 2015. E-NABLE est un réseau international d’inventeurs et de concepteurs qui utilisent l’impression 3D pour fabriquer des mains prothétiques fonctionnelles pour les personnes dans le besoin. [[EPA/BALAZS MOHAI]]

Près d’un milliard d’enfants et d’adultes handicapés, ainsi que de personnes âgées, n’ont pas accès aux technologies d’assistance dont ils ont besoin, prévient un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont le responsable a exhorté tous les pays à faire de cette question une priorité.

Plus de 2,5 milliards de personnes dans le monde ont besoin d’un ou plusieurs dispositifs d’assistance, tels que des fauteuils roulants, des appareils auditifs ou des applications qui favorisent la communication et les fonctions cognitives. Pourtant, près d’un milliard d’entre elles se voient refuser l’accès à ces produits, selon le rapport conjoint publié ce lundi (16 mai).

« Les technologies d’assistance changent la vie — elles ouvrent la porte à l’éducation pour les enfants présentant des déficiences, à l’emploi et à l’interaction sociale pour les adultes vivant avec un handicap, et à une vie indépendante et digne pour les personnes âgées », a déclaré le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« Refuser aux gens l’accès à ces outils qui changent la vie n’est pas seulement une atteinte aux droits de l’homme, c’est aussi un manque de vision économique. Nous appelons tous les pays à financer et à privilégier l’accès aux technologies d’assistance et à donner à chacun une chance de vivre à la hauteur de son potentiel », a-t-il poursuivi.

On s’attend à ce que le nombre de personnes ayant besoin de dispositifs d’assistance dépasse les 3,4 milliards d’ici 2050, « à mesure que les populations vieillissent et que la prévalence des maladies non transmissibles augmente », a expliqué M. Tedros.

Les technologies d’assistance sont un terme générique désignant les dispositifs d’assistance « dont les personnes handicapées et les personnes âgées ont besoin pour vivre plus pleinement leur vie ». Il peut s’agir de dispositifs physiques, tels que des fauteuils roulants, des prothèses ou des lunettes, ou de logiciels et d’applications numériques, ainsi que d’adaptations de l’environnement physique, comme des rampes ou des barres d’appui portables par exemple.

Sans accès à ces produits, les personnes souffrent d’exclusion, risquent l’isolement, vivent dans la pauvreté, peuvent être confrontées à la faim et sont contraintes de dépendre davantage du soutien de leurs familles, de leurs communautés et des pouvoirs publics.

« L’impact positif des produits d’assistance va au-delà de l’amélioration de la santé, du bien-être, de la participation et de l’inclusion des utilisateurs individuels — les familles et les sociétés en bénéficient également », peut-on lire dans le communiqué de presse de l’OMS.

À titre d’exemple, l’accès élargi aux produits d’assistance entraîne une réduction des coûts des soins de santé et de bien-être, tels que les hospitalisations récurrentes ou les prestations publiques, et favorise une main-d’œuvre plus productive, stimulant ainsi indirectement la croissance économique.

L’importance des technologies d’assistance pour les enfants

L’accès aux technologies d’assistance pour les enfants handicapés est souvent la première étape pour le développement de l’enfant, l’accès à l’éducation, la participation aux sports et à la vie civique, et la préparation à l’emploi comme leurs pairs, comme le souligne le communiqué de presse.

La directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell, a indiqué que près de 240 millions d’enfants sont handicapés.

« Refuser aux enfants le droit aux équipements dont ils ont besoin pour s’épanouir ne nuit pas seulement à chaque enfant, cela prive les familles et les communautés de tout ce qu’elles pourraient apporter si leurs besoins étaient satisfaits », a-t-elle affirmé.

Les enfants handicapés sont confrontés à des difficultés supplémentaires en raison de leur croissance, qui nécessite de fréquents ajustements ou remplacements de leurs dispositifs d’assistance.

« Sans accès aux technologies d’assistance, les enfants handicapés continueront à ne pas pouvoir suivre leur scolarité, à être davantage menacés par le travail des enfants et à faire l’objet de stigmatisation et de discrimination, ce qui mine leur confiance et leur bien-être », a souligné Mme Russel.

Un accès variable selon les régions du monde

Le rapport de l’OMS a également mis en évidence l’écart important qui existe en matière d’accès entre les pays à haut et à bas revenus. Une analyse portant sur 35 pays a révélé que l’accès peut varier de 3 % dans les nations les plus pauvres à 90 % dans les pays riches.

« Il s’agit d’une disparité stupéfiante, et nous pouvons et devons y remédier », a déclaré M. Tedros.

Le principal obstacle à l’accès est le prix, car les appareils sont coûteux et peu disponibles. Environ deux tiers des personnes utilisant des technologies d’assistance ont déclaré avoir dû payer de leur poche pour les obtenir. D’autres ont déclaré compter sur leur famille et leurs amis pour subvenir financièrement à leurs besoins.

M. Tedros a souligné que « l’OMS est déterminée à travailler […] pour contribuer à rendre ces produits abordables et accessibles afin que ceux qui en ont besoin puissent mener une vie normale et indépendante ».

En outre, d’importantes lacunes dans la prestation de services et la formation de la main-d’œuvre pour les technologies d’assistance ont été constatées dans les 70 pays qui ont participé à l’enquête.