Accord international sur les pandémies : l’abstention de Rome ravive la controverse sur sa gestion de la crise Covid

L’OMS a adopté mardi 20 mai un accord sur les pandémies. Mais l’Italie, comme la Russie, l’Iran ou Israël, a choisi de s’abstenir, ravivant les critiques sur la gestion de la pandémie de Covid par le gouvernement Meloni.

EURACTIV Italie
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Cette prise de position a relancé le débat sur la politique sanitaire de l’exécutif dirigé par Giorgia Meloni, notamment autour de ses choix contestés durant la pandémie de Covid-19. [Getty Images/Donato Fasano]

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a adopté mardi 20 mai un accord sur les pandémies. Mais l’Italie, aux côtés de pays comme la Russie, l’Iran ou Israël, a choisi de s’abstenir, ravivant les critiques sur la gestion de la pandémie de Covid par le gouvernement de Giorgia Meloni.

L’accord, juridiquement contraignant, vise à mieux se préparer aux urgences sanitaires mondiales futures.

124 pays ont voté en faveur du texte et aucun pays n’a voté contre. Onze pays se sont abstenus, notamment l’Italie, la Pologne, la Bulgarie, les Pays-Bas et la Slovaquie.

Dans une déclaration expliquant sa décision, Rome a réaffirmé « la primauté de la souveraineté nationale » dans la gestion de la santé publique et a accueilli « favorablement » le fait que l’accord « n’autoriserait pas l’OMS à imposer des mesures spécifiques telles que des interdictions de voyager, des vaccinations obligatoires ou des confinements ».

Mais cette prise de position a relancé le débat sur la politique sanitaire de l’exécutif dirigé par Giorgia Meloni, notamment autour de ses choix contestés durant la pandémie de Covid-19. À peine un mois après son arrivée au pouvoir fin 2022, le gouvernement avait supprimé l’obligation vaccinale pour les professionnels de santé et réintégré le personnel non vacciné — une mesure qualifiée à l’époque par des experts d’« amnistie anti-science ».

En 2024, le gouvernement a également supprimé les amendes de 100 euros pour les personnes non vaccinées de plus de 50 ans, invoquant l’inefficacité économique et les contestations juridiques. Officiellement, cette décision se fondait sur des raisons économiques et des difficultés d’application juridique, mais elle a été interprétée comme un nouveau signal d’indulgence envers les courants anti-vax.

« Une fois de plus, le gouvernement Meloni isole l’Italie pour satisfaire les factions antiscientifiques nationales », a déclaré Chiara Braga, dirigeante du Parti démocrate (Socialistes & Démocrates européens), en réaction à l’abstention italienne sur le texte de l’OMS.

Andrea Quartini, porte-parole du Mouvement 5 étoiles (La Gauche) sur les questions de santé, a qualifié cette abstention de « profondément irresponsable », tandis que Raffaella Paita, du parti Italia Viva (Renew), l’a jugée « embarrassante et insensée », en particulier pour un pays parmi les plus touchés par la Covid-19.

Dans le milieu médical, cette décision suscite également l’inquiétude. Le professeur Matteo Bassetti, infectiologue de renom et directeur du service des maladies infectieuses de l’hôpital San Martino de Gênes, a regretté un « mauvais signal » envoyé par l’Italie.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]