Le nouveau gouvernement macédonien veut calmer le jeu face à la Grèce
Zoran Zaev, le Premier ministre macédonien, semble vouloir apaiser le conflit qui l’oppose à la Grèce. Un différend qui bloque son adhésion à l’UE et à l’OTAN.
Zoran Zaev, le Premier ministre macédonien, semble vouloir apaiser le conflit qui l’oppose à la Grèce. Un différend qui bloque son adhésion à l’UE et à l’OTAN.
Lors d’une interview avec la télévision publique le 7 juin, Zoran Zaev, le nouveau Premier ministre macédonien, a estimé que le gouvernement conservateur de son prédécesseur, Nikola Gruevski, avait provoqué la Grèce. Dans le cadre du projet « Skopje 2014 », qui a coûté pas moins de 600 millions d’euros, les conservateurs ont notamment élevé une gigantesque statue d’Alexandre le Grand et renommé routes et aéroports en son honneur. Or, Athènes et Skopje se disputent le personnage historique, tout comme le nom « Macédoine ».
Le gouvernement Gruevski a accusé la Grèce, son voisin méridional, d’empêcher injustement l’entrée du pays dans l’UE et de l’isoler. Zoran Zaev, qui est social-démocrate, faisait alors partie de l’opposition et avait déclaré que les rhétoriques agressives du gouvernement ne faisaient qu’ajouter de l’huile sur le feu, alors qu’il aurait fallu tenter de trouver un compromis.
Une querelle féroce oppose les deux pays : la Grèce estime que le choix du nom « Macédoine » pour l’ancienne nation yougoslave est une tentative d’expropriation, parce que c’est également le nom d’une province du nord de son territoire. Malgré des discussions dans le cadre de l’ONU et des pressions de la part de Bruxelles, aucun progrès n’a été enregistré depuis 25 ans. Et les choses ne se sont certainement pas arrangées avec l’arrivée au pouvoir de Nikola Gruevski, qui s’est empressé de lancer une campagne de publicité pour son pays.
Zoran Zaev, qui est entrée en fonction la semaine dernière, a souligné que la décision de concentrer cette campagne sur des personnages comme Alexandre le Grand était néfaste pour la relation du pays avec la Grèce et a assuré qu’il y mettrait un terme. Il a cependant estimé qu’il serait trop cher de démolir certaines des grandes statues érigées dans la capitale.
Vers une relation plus saine
Le jour même de ces déclarations, Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, s’est entretenu au téléphone avec Zoran Zaev et l’a félicité de sa victoire électorale. Selon la presse grecque, les deux dirigeants ont discuté du développement des relations bilatérales, de possible mesures de restauration de la confiance et de la progression des candidatures macédoniennes à l’OTAN et à l’UE.
Alexis Tsipras a réitéré la position de la Grèce au sujet du nom : Athènes est en faveur d’un nom composé (comme c’est le cas actuellement, puisque le nom complet du pays est « Ancienne République Yougoslave de Macédoine « ) et s’oppose au fait que « Macédoine » constitue un jour le nom officiel complet de son voisin.
La semaine dernière, Nikos Kotzias, le ministre grec des Affaires étrangères, a assuré que la sécurité et la stabilité dans l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine étaient essentielles pour la région toute entière.
« L’unité, l’intégrité et la stabilité de notre voisin septentrional sont aujourd’hui d’une grande importance. Tous ses voisins doivent contribuer à un meilleur avenir pour le pays », a-t-il déclaré. « Il s’agit là de notre considération la plus importante. Et nous sommes d’avis, même si certains s’y opposent, qu’une solution créative et démocratique à la question de son nom contribuera et facilitera son avenir. »
Un « engagement clair » pour la Commission
Autre signe de rapprochement, Johannes Hahn, le commissaire au voisinage et à l’élargissement, a déclaré que l’exécutif européen prévoyait d’envoyer un groupe de juristes spécialisés en Macédoine, afin d’aider le gouvernement à mieux imposer l’État de droit.
Cette mission fait partie de « la volonté [de l’UE] de collaborer avec le nouveau gouvernement dans l’application des réformes », a-t-il indiqué.