Nicolas Sarkozy brise un tabou et réclame un débat sur le rôle de la BCE
Le président français, Nicolas Sarkozy, candidat aux élections présidentielles dont le premier tour aura lieu le week-end prochain, a déclaré hier (15 avril) dans un discours de campagne qu’il souhaitait lancer le débat sur l’élargissement du mandat de la Banque centrale européenne (BCE) afin de soutenir la croissance économique.
Le président français, Nicolas Sarkozy, candidat aux élections présidentielles dont le premier tour aura lieu le week-end prochain, a déclaré hier (15 avril) dans un discours de campagne qu’il souhaitait lancer le débat sur l’élargissement du mandat de la Banque centrale européenne (BCE) afin de soutenir la croissance économique.
« Sur le rôle de la Banque centrale dans le soutien à la croissance, nous allons aussi ouvrir le débat », a déclaré M. Sarkozy aux dizaines de milliers de ses partisans réunis place de la Concorde à Paris.
Selon un reportage du Financial Times, M. Sarkozy a ainsi rompu l'accord passé il y a plusieurs mois avec la chancelière allemande, Angela Merkel, interdisant de discuter en public du rôle de la BCE.
Le président français a déclaré : « Il ne doit pas y avoir de sujets tabous, il ne doit pas y avoir de débats interdits. »
M. Sarkozy est en pleine campagne en amont des deux tours des élections présidentielles françaises les 22 avril et 6 mai prochains. Son rival socialiste, François Hollande, est en tête des sondages pour le deuxième tour, avec parfois jusqu'à 10 points de pourcentage d'avance.
« Si l'on ne change pas l'Europe, si l'on ne fait pas l'Europe de la production, l'Europe de l'investissement, nous ne pourrons pas avoir la croissance. Si la Banque centrale ne soutient pas la croissance, nous n'aurons pas assez de croissance », a-t-il expliqué.
Le mandat de la BCE est de maintenir la stabilité des prix au sein de la zone euro et n'inclut pas le soutien ou la stimulation de la croissance.
M. Sarkozy avait soutenu le nouveau programme de prêts de la BCE destiné aux banques, afin d'apaiser les marchés suite aux difficultés financières de la zone euro. Dans son discours de dimanche, M. Sarkozy a semblé répondre à son rival socialiste, qui souhaite que l'Europe ajoute une clause pour la croissance dans son nouveau traité pour la stabilité budgétaire.
Les conseillers de Nicolas Sarkozy affirment que le président ne souhaite pas modifier les statuts de la BCE, car une telle proposition serait difficilement acceptable pour les autres États membres de la zone euro, selon le quotidien Le Figaro. Il souhaiterait plutôt lancer le débat et convaincre la BCE d'apporter son aide via un taux de change plus favorable.