Nombre d'emplois potentiels en R&D : la Commission répond au Parlement

  L’exécutif européen a répondu aux doutes soulevés par le Parlement européen quant à ses méthodes de calcul de l’efficacité des fonds pour la recherche et du nombre d’emplois potentiels qui pourraient être créés.

/ EURACTIV.fr
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L’exécutif européen a répondu aux doutes soulevés par le Parlement européen quant à ses méthodes de calcul de l’efficacité des fonds pour la recherche et du nombre d’emplois potentiels qui pourraient être créés.

L'expert en entrepreneuriat européen Burton Lee a déclaré que l'Europe manquait de méthodologies d'évaluation pourtant indispensables pour attirer des investisseurs en capital-risque et prévoir le nombre d'emplois qui pourraient être créés.

M. Lee a fait référence aux chiffres annoncés par la Commission qui prévoit la création de 3,7 millions d'emplois d'ici 2050 grâce au programme de R&D Horizon 2020. Il a ensuite remis en question la crédibilité de ces prévisions, dans la mesure où l'exécutif n'avait pas eu recours à une analyse « pipeline » pour déterminer le nombre de nouvelles entreprises dans un secteur donné, de leur création à leur réussite ou à leur faillite, le cas échéant.

M. Lee avait été invité à s'exprimer à la commission de l'industrie et de la recherche du Parlement européen le 21 mars dernier.

Mauvaises estimations

La Commission européenne a riposté en affirmé que M. Lee s'était embrouillé dans les chiffres.

« Le nombre d'emplois potentiellement créés dans le cadre d'Horizon 2020 n'a jamais été estimé à 3,7 millions d'ici 2025 », mais bien à 830 000 d'ici 2030, a expliqué un fonctionnaire de la Commission.

Selon lui, le chiffre de 3,7 millions fait référence à d'autres estimations, selon lesquelles si tous les Etats membres augmentaient leur budget pour la recherche à 3 % de leur PIB d'ici 2020, l'effet sur l'emploi d'ici 2025 serait la création de ce grand nombre d'emplois.

Ce fonctionnaire a affirmé que l'analyse de l'impact d'Horizon 2020 avait été réalisée selon le modèle Nemesis considéré comme « un modèle novateur reconnu et utilisé par un consortium de recherche impliquant certains des plus grands économistes d'Europe ».

Le modèle Nemesis est reconnu par de nombreuses institutions internationales, a-t-il précisé. « Cela soulève de sérieux doutes quant aux affirmations de M. Lee selon lesquelles l'Europe ne disposerait pas des outils appropriés pour estimer les impacts sur le marché de l'emploi. »

Il faut se concentrer sur la création d'emplois

M. Lee a affirmé que son intention était juste de donner ses premières impressions et de poser certaines questions et non pas de tenir des propos durs ou de formuler des critiques.

Il est toutefois resté sur ses positions en ajoutant qu'injecter plus d'argent dans un système dysfonctionnel de recherche et d'innovation n'aboutirait pas à la création du nombre d'emplois voulus.

L'eurodéputée néerlandaise Judith Merkies (Socialistes et Démocrates) qui a participé à la présentation de M. Lee la semaine dernière, a défendu l'expert américain.

« Je suis tout à fait d'accord avec M. Lee sur le fait que la Commission européenne devrait se concentrer davantage sur la création d'emploi et que nous aurions besoin de modèles de calcul efficaces et corrects », a-t-elle affirmé.