Nord Stream : des explosions surviennent près des gazoducs russes, la piste du sabotage explorée

Une importante fuite de gaz dans la mer Baltique aux abords des gazoducs russes Nord Stream et Nord Stream 2 a été détectée mardi à la suite de deux explosions enregistrées la veille. Les autorités suédoises et danoises n’excluent pas l’hypothèse d’un sabotage.

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Gazprom stops all gas supplies via Nord Stream 1 for maintenance
Les fuites se situent à trois endroits. Nord Stream 1 compte deux fuites, toutes deux situées dans la zone économique suédoise autour de Simrishamn. Nord Stream 2 présente quant à lui une fuite dans la zone économique danoise, au sud-est de Bornholm. [EPA-EFE/ANATOLY MALTSEV]

Une importante fuite de gaz dans la mer Baltique aux abords des gazoducs russes Nord Stream et Nord Stream 2 a été détectée mardi (27 septembre) à la suite de deux explosions enregistrées la veille. Les autorités suédoises et danoises n’excluent pas l’hypothèse d’un sabotage.

Les fuites se situent à trois endroits. Nord Stream 1 compte deux fuites, toutes deux situées dans la zone économique suédoise autour de Simrishamn. Nord Stream 2 présente quant à lui une fuite dans la zone économique danoise, au sud-est de Bornholm.

La Première ministre suédoise Magdalena Andersson a commenté mardi l’évolution de la situation concernant les fuites : « je comprends que de nombreux Suédois s’inquiètent désormais de la manière dont cette affaire sera gérée alors que nous avons un gouvernement de transition. Je peux vous assurer que même un gouvernement de transition peut agir avec toute sa force dans une situation comme celle-ci », a-t-elle déclaré à l’agence de presse TT.

« Nous sommes en contact permanent avec les autorités responsables, nous sommes également en contact avec les gouvernements d’autres pays, notamment le gouvernement danois », a-t-elle ajouté. 

Il demeure toutefois difficile de savoir si des contacts ont également été établis avec les autorités russes. « Nous reviendrons sur les contacts que nous avons avec différents pays si nous le jugeons opportun », a déclaré Mme Andersson.

À la question de savoir si elle craignait que les explosions puissent être qualifiées de guerre hybride, la Première ministre par intérim a répondu que « c’est exactement le genre de questions qui doivent maintenant faire l’objet d’une enquête appropriée par les autorités responsables. »

Possibilité de sabotage

Du côté danois, il est difficile de croire que les trois fuites sur les gazoducs Nord Stream soient une coïncidence, a déclaré la Première ministre danoise Mette Frederiksen lors d’une conférence de presse.

« Je voudrais dire que nous, le gouvernement et les autorités, prenons cette situation très au sérieux », a-t-elle déclaré, selon l’agence de presse Ritzau, ajoutant qu’elle n’excluait pas un sabotage.

« Nous ne pouvons certainement pas l’exclure. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions. Mais c’est une situation extraordinaire », a-t-elle ajouté, précisant qu’il était extrêmement rare que trois fuites apparaissent soudainement dans cette configuration.

 Le ministre suédois de la Défense par intérim, Peter Hultqvist, a déclaré être en contact avec ses homologues danois.

« Nous avons été en contact avec le ministère danois de la Défense, les forces armées ont été en contact les unes avec les autres, les garde-côtes et l’administration maritime sont impliqués et il y a également une activité en cours au sein du bureau du gouvernement », a déclaré M. Hultqvist à TT.

La police suédoise a également déposé une plainte en relation avec la découverte de dommages sur les gazoducs de Nord Stream au sud de Bornholm, a rapporté la radio Ekot.

Pour le moment, l’accusation est celle d’un sabotage aggravé. Les services de renseignement suédois (Säkerhetspolisen) et les forces armées suédoises suivent également de près l’évolution de la situation.

« L’incident avec le gazoduc russe est bien sûr grave » ont écrit les forces armées suédoises sur Twitter.

Les gazoducs russes endommagés

Les dommages causés aux gazoducs sont « sans précédent », a écrit l’opérateur Nord Stream AG dans un communiqué officiel. Le communiqué précise qu’il est impossible d’estimer le temps nécessaire à la reprise de l’exploitation des infrastructures de transport de gaz. 

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé mardi que la Russie était « extrêmement préoccupée » par cet incident et a déclaré que la situation devait être prise en charge immédiatement. Interrogé sur la possibilité d’un sabotage, M. Peskov a déclaré qu’ « aucune alternative ne peut être exclue à ce stade ».

Nord Stream 1, qui a été ouvert en 2011, est détenu en copropriété par plusieurs entreprises énergétiques européennes, le géant gazier russe Gazprom détenant toutefois 51 % des parts.

Nord Stream 2 a été achevé à l’automne 2021 mais n’a jamais été mis en service, en raison des actions de la Russie de plus en plus agressives envers l’Ukraine et du déclenchement de la guerre d’agression par la Russie à la fin du mois de février de cette année. Nord Stream 2 est détenu par une société intégralement contrôlée par Gazprom.