Norvège : les différends sur les règles énergétiques de l’UE font éclater la coalition au pouvoir
Après des semaines de luttes intestines sur la question controversée de l’adoption de la législation européenne en matière d’énergie, la coalition gouvernementale a finalement implosé en Norvège.
Après des semaines de luttes intestines sur la question controversée de l’adoption de la législation européenne en matière d’énergie, la coalition gouvernementale a finalement implosé en Norvège.
Le Parti du centre, formation eurosceptique héritière du parti des agriculteurs, a décidé de quitter le gouvernement norvégien après une épreuve de force politique sur l’adoption des lois énergétiques européennes, ont rapporté les médias locaux ce jeudi. Le Parti travailliste de centre-gauche reste donc au pouvoir.
Lors d’une réunion parlementaire visant à officialiser cette décision, Marit Arnstadt, leader du Parti du centre au parlement, a déclaré à la chaîne publique NRK que la décision « concerne des questions politiques, et [le fait que] nous ne voulons pas nous aligner plus étroitement sur la politique énergétique de l’Union européenne ».
Ce que le Parti travailliste a « mis sur la table » n’a « pas été suffisant », a déclaré le Premier ministre Jonas Gahr Støre lors d’une conférence de presse à Oslo. Il a ajouté que les exigences du Parti du centre signifieraient de facto un refus de toutes les nouvelles règles de l’UE.
Le Premier ministre et son parti travailliste doivent maintenant diriger le premier gouvernement minoritaire à parti unique du pays depuis 25 ans.
Bien que non-membre de l’UE, la Norvège, en tant que membre de l’Espace économique européen, est tenue d’adopter la législation européenne en matière d’énergie.
Afin de conserver de bonnes relations avec l’UE, le Parti travailliste a fait pression pour l’adoption des lois européennes de 2019 sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Le Parti du centre s’y est opposé, comme l’a rapporté Euractiv.
Mais la deuxième partie de ce plan — concernant les règles du marché — est désormais tellement controversée que le Parti travailliste l’a complètement abandonnée.
Étant donné la « grande instabilité des marchés européens de l’énergie », pousser à l’adoption des règles du marché de l’UE de 2019 n’est pas approprié, a expliqué Jonas Gahr Støre.
Avec les élections parlementaires prévues pour le 8 septembre, l’éclatement du gouvernement « renforce la politisation de la transition énergétique européenne en Norvège », explique la politologue Elin Lerum Boasson sur Bluesky.
(AB/AM)