Numérique : le gouvernement français se dote d'un nouveau ministre délégué

L'écosystème de la tech française l'attendait avec impatience : un nouveau ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications fait son entrée au gouvernement.

Euractiv France
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Secrétaire général du MoDem depuis 2018 et proche de François Bayrou, cet économiste de 39 ans est le fils de Jacques Barrot, décédé en 2014, ancien membre du Conseil constitutionnel et plusieurs fois ministre et petit-fils de Noël Barrot, ancien résistant et député. [G.Garitan (CC-BY-SA-4.0)]

L’écosystème de la tech française l’attendait avec impatience : un nouveau ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications fait son entrée au gouvernement.

L’Élysée a mis fin au suspens et annoncé lundi (4 juillet) la nouvelle liste des membres du gouvernement, deux semaines après le second tour qui avait vu plusieurs ministres battus — les poussant ainsi, comme l’avait annoncé Emmanuel Macron, vers la sortie.

Parmi les nouvelles arrivées, on retrouve Jean-Noël Barrot, député (MoDem) depuis 2017, qui devient ministre délégué au Numérique — pour le plus grand plaisir de l’écosystème français qui regrettait ne plus avoir de membre du gouvernement dédié et un point de contact direct à Bercy.

Lors de la cérémonie d’accueil des nouveaux ministres à Bercy, M. Barrot a indiqué vouloir poursuivre le travail pour « faire de la France une grande nation du numérique », précisant qu’il s’agissait d’une nation « qui sait mettre de la régulation dans ce nouvel espace public » et évoquant que cela ne se fera pas sans résorption de la fracture numérique du pays.

M. Barrot prend du galon, n’en déplaise à son prédecesseur. Là où Cédric O était secrétaire d’État, la nouvelle recrue du gouvernement devient ministre délégué. S’il n’y a pas de différence hiérarchique, il percevra près de 10 100 euros bruts par mois (contre 9 600 pour un secrétaire d’État) et siégera à tous les Conseils des ministres, contrairement aux secrétaires d’État qui ne sont invités à la table que lorsqu’ils sont concernés.

« C’est une bonne nouvelle car, protocolairement, un ministre délégué pourra peser davantage dans les négociations interministérielles qu’un Secrétaire d’État. Il aura une plus grande équipe pour l’appuyer et pourra compter sur une puissante administration qu’est Bercy », s’est réjouie l’organisation de startups France Digital dans un communiqué.

Le mot « télécommunications » fait également son retour dans l’intitulé du portefeuille, alors qu’il fallait parler de « communications électroniques » depuis 2004. La notion de souveraineté, en revanche, n’apparaît pas, mais reste bel et bien dans le champ de son ministère de tutelle.

Profil tourné vers la finance

Secrétaire général du MoDem depuis 2018 et proche de François Bayrou, cet économiste de 39 ans est le fils de Jacques Barrot, décédé en 2014, ancien membre du Conseil constitutionnel et plusieurs fois ministre. Il est aussi le petit-fils de Noël Barrot, ancien résistant et député.

L’ancien vice-président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale est diplômé de Sciences Po Paris et de HEC, où il obtient un PhD en finance. Il a notamment été enseignant dans de grandes écoles : d’abord à la Sloan School of Management du Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 2013 en tant que professeur assistant de finance, puis à HEC en 2018 en tant que professeur associé.

En 2020, il est lauréat du programme « Young Leaders » de la French-American Foundation qui œuvre aux bonnes relations transatlantiques dans tous les domaines.

Jean-Noël Barrot a participé pendant le premier quinquennat d’Emmanuel Macron à plusieurs missions, dans le cadre du projet de loi sur la croissance et la transformation des entreprises ou de la stratégie française en matière de relance post-Covid.

Lors de la campagne de réélection du chef de l’État, il était chargé des relations avec les entreprises.

Enfin, s’il n’a jamais publiquement porté de projets en lien avec le numérique, deux sujets tech ont visiblement retenu son attention au cours de la précédente mandature : les zones blanches et l’open data à en croire les questions au gouvernement repéré par le journaliste Raphael Grably sur Twitter.