Paolo Gentiloni craint que les coupes budgétaires des États membres n’entravent la relance de l’UE
Le commissaire européen à l’Économie Paolo Gentiloni a exprimé ses inquiétudes concernant les possibles répercussions des coupes budgétaires des gouvernements nationaux sur la délicate reprise économique de l’UE, ainsi que le danger de stagnation posé par ces réductions.
Le commissaire européen à l’Économie Paolo Gentiloni a exprimé mercredi (15 mai) ses inquiétudes concernant les possibles répercussions des coupes budgétaires des gouvernements nationaux sur la délicate reprise économique de l’UE, ainsi que le danger de stagnation posé par ces réductions.
« Sommes-nous inquiets du fait qu’une politique budgétaire trop restrictive pourrait affecter cette prévision de croissance modérée ? Oui, je suis inquiet, je pense que nous devons maintenir un équilibre », a déclaré M. Gentiloni.
« Nous n’avons pas besoin de replonger notre économie dans la stagnation. Nous devons soutenir l’accélération de l’économie sans mesures fiscales trop restrictives », a-t-il ajouté.
Cependant, le commissaire italien reste optimiste quant aux nouvelles règles fiscales de l’Union européenne. Malgré les critiques de syndicats et de nombreux analystes, qui craignent que ces règles limiteront la capacité de l’Union à effectuer des investissements essentiels, il estime qu’elles laisseront assez de flexibilité pour les dépenses publiques nécessaires à la stimulation de la croissance.
« Cela devrait, je pense, être l’attitude à adopter lors de nos négociations avec les États membres dans les mois à venir. Je pense que les nouvelles règles nous donnent une marge de manœuvre pour ce type de résultat », a-t-il affirmé, faisant référence aux « trajectoires de référence » ou aux plans fiscaux adaptés à chaque pays qui devront être négociés entre l’exécutif de l’UE et les États membres dans le cadre des nouvelles règles.
Les commentaires de M. Gentiloni interviennent alors que la Commission a revu à la baisse ses prévisions de croissance du PIB pour l’Union l’année prochaine, passant de 1,7 % à 1,6 %. Elle prédit un ralentissement des investissements dans plus de deux tiers des 27 États membres de l’UE pour 2024 — le taux global tombant de 1,5 % en 2023 à 0,3 % pour l’année en cours.
Il est important de remarquer que le ralentissement anticipé de l’investissement total intervient malgré les prévision d’une légère augmentation de l’investissement public, qui devrait passer de 3,5 % à 3,6 % dans l’ensemble de l’Union entre 2023 et 2024.
« Il y a une contradiction évidente entre l’image globale de l’investissement, [qui est] malheureusement en train de ralentir, et le fait que l’investissement public reste élevé », a indiqué le commissaire.
Faisant écho à ses déclarations précédentes, M. Gentiloni a également souligné l’importance du programme de la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR) de 806,9 milliards d’euros pour renforcer la résilience économique de l’Union.
« La FRR est essentielle pour amortir la faiblesse de la demande et des investissements du secteur privé, et ce dans un contexte de risques géopolitiques élevés et d’incertitude croissante », a-t-il expliqué.
Adoptée en juillet 2020, au pic de la pandémie, la FRR fournit aux États membres plusieurs milliards d’euros de fonds pour stimuler leurs économies après la pandémie en échange de réformes ciblées. Il s’agit de la première initiative de l’UE à être entièrement financée par une dette européenne émise conjointement.
Malgré les éloges de nombreux hauts fonctionnaires, dont le président de l’Eurogroupe Paschal Donohoe et la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva, le renouvellement du fonds après son expiration en 2026 se heurte à une forte résistance. Les groupes conservateurs et les États membres les plus économes, dont l’Allemagne, la première économie de l’UE, sont particulièrement réticents à un renouvellement.
[Édité par Anna Martino]