Parlement européen : les Patriotes pour l’Europe rejoints par deux eurodéputés polonais

Les eurodéputés polonais Anna Bryłka du parti Confédération et Tomasz Buczek du Mouvement national ont rejoint le groupe parlementaire d’extrême droite récemment formé des Patriotes pour l’Europe.

EURACTIV Pologne
Leaders of European conservative and right wing parties meeting in Warsaw
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et la Française Marine le Pen, figures de proue du parti des Patriotes pour l’Europe d’extrême droite. [EPA-EFE/MARCIN OBARA]

Les eurodéputés polonais Anna Bryłka du parti Confédération et Tomasz Buczek du Mouvement national ont rejoint le groupe parlementaire d’extrême droite récemment formé des Patriotes pour l’Europe.

Après les Européennes de juin, le parti Confédération a envoyé six eurodéputés au Parlement européen. Mais une fois sur place, le mouvement s’est scindé en deux. Trois de ses eurodéputés, Ewa Zajączkowska-Hernik, Stanisław Tyszka et Marcin Sypniewski, ont rejoint le groupe parlementaire d’extrême droite de l’Europe des nations souveraines, tandis que les trois autres étaient jusqu’à présents non-inscrits.

Mais Anna Bryłka, du parti Confédération, a annoncé avec Tomasz Buczek, du Mouvement national affilié à Confédération, que tous deux avait décidé de rejoindre les Patriotes pour l’Europe, après de « longues négociations ».

« Après plusieurs semaines de travail au Parlement européen, Tomasz Buczek et moi-même avons rejoint le groupe des Patriotes pour l’Europe, où nous coopérerons avec le Rassemblement national de Marine Le Pen, le parti Vox de Santiago Abascal et le Fidesz de Viktor Orbán, entre autres », a-t-elle écrit sur X.

« L’objectif était de rejoindre le plus grand groupe de droite de cette législature », a-t-elle justifié, ajoutant qu’elle « représenterait dignement les intérêts nationaux polonais au sein du groupe des Patriotes pour l’Europe », avec Tomasz Buczek.

Pour rappel, les Patriotes pour l’Europe, menés par Jordan Bardella, sont le plus grand groupe d’extrême droite de l’hémicycle européen, avec 86 eurodéputés contre 78 pour les Conservateurs et Réformistes européens (CRE) et 25 pour l’Europe des nations souveraines. Les Patriotes sont également le troisième plus grand groupe au Parlement.

Anna Bryłka estime que le fait de s’associer aux Patriotes permettra aux eurodéputés de Confédération de faire entendre leur voix de manière efficace. « Nous savons que la politique climatique, le Green Deal, la migration incontrôlée et le système bureaucratique sont les maladies de base qui affligent l’UE, et les eurodéputés polonais gagnent [avec notre adhésion aux Patriotes] un outil pour lutter contre ces pathologies », a ajouté Anna Bryłka.

De son côté, les Patriotes se sont félicités que « deux responsables politiques aussi dévoués, tant dans leur patrie polonaise qu’au niveau européen, aient décidé de [les] rejoindre ».

Anna Bryłka et Tomasz Buczek partagent les valeurs du groupe et s’engagent à préserver les nations souveraines, ont réagi les Patriotes dans un communiqué publié sur X.

Avec ces nouveaux membres, le groupe gagne « un pays adhérent important », la Pologne, qui « restera un rempart important, non seulement lorsqu’il s’agit de préserver la paix, la liberté et la prospérité, mais aussi en termes de défense de ses frontières contre l’immigration illégale rampante », ont salué les Patriotes.

Les non-inscrits sous le feu des critiques en Pologne

Il est rare qu’un parti se divise au Parlement européen.

Ewa Zajączkowska-Hernik, Stanisław Tyszka et Marcin Sypniewski avaient été critiqués en Pologne pour avoir rejoint l’Europe des nations souveraines, un groupe auquel appartient notamment l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), un parti perçu dans le pays comme ayant des tendances néonazies.

Anna Bryłka avait précédemment indiqué qu’elle ne voulait pas rejoindre l’Europe des nations souveraines parce qu’elle ne souhaitait pas appartenir au même groupe que l’AfD.

Ewa Zajączkowska-Hernik a tout de même félicité ses collègues pour leur adhésion aux Patriotes pour l’Europe.

L’homme politique controversé Grzegorz Braun reste non-inscrit

Grzegorz Braun, un autre eurodéputé de Confédération, est toujours non-inscrit du Parlement, en raison de déclarations controversées qui pourraient avoir découragé les différents groupes d’extrême droite de l’intégrer.

L’homme est connu pour ses déclarations racistes, antisémites et islamophobes, ainsi que pour des actions « choc » telles que l’utilisation, en décembre dernier, d’un extincteur pour éteindre des bougies allumées à l’occasion de la fête juive de Hanoukka dans l’enceinte du Parlement polonais.

Dans l’un de ses premiers discours au Parlement européen, Grzegorz Braun avait demandé de manière rhétorique s’il s’agissait d’un conseil de guerre, et avait affirmé que le soutien de l’UE à l’Ukraine ne faisait que contribuer à prolonger le conflit dans ce pays.

Lors d’un autre débat, il avait qualifié la mise en garde de l’UE contre les conséquences du changement climatique de « rhétorique révolutionnaire soviétonazie, dans laquelle tout prétexte est bon pour s’emparer du pouvoir ».

« Vous n’êtes pas là pour aider, vous êtes là pour prendre le pouvoir sur les nations souveraines d’Europe », s’est-il emporté au Parlement européen et à la Commission européenne.

[Édité par Laurent Geslin]