Pays-Bas : la coalition gouvernementale s’effondre suite à un désaccord sur la migration

Le Parti pour la liberté (PVV) s’est retiré de la coalition au pouvoir aux Pays-Bas, provoquant la chute du gouvernement après moins d’un an en activité.

EURACTIV.com
Vox Convenes A Summit With European Far-right Leaders
Geert Wilders a informé le Premier ministre Dick Schoof du retrait des ministres du PVV du gouvernement mardi 3 juin dans la matinée. [Getty Images/Ricardo Rubio_Europa Press ]

Le leader d’extrême droite Geert Wilders a retiré son parti, le Parti pour la liberté (PVV) de la coalition au pouvoir aux Pays-Bas, provoquant ainsi la chute du gouvernement du Premier ministre Dick Schoof après moins d’un an en activité.

« Pas de signature pour nos projets en matière d’asile. Pas de modification de l’accord-cadre. Le PVV quitte la coalition », a annoncé Geert Wilders mardi 3 juin dans la matinée sur X.

La semaine dernière, Geert Wilders a adressé un ultimatum clair à ses partenaires de coalition : adopter sans réserve son plan anti-immigration en dix points, ou risquer la fin du gouvernement.

Ce plan radical comprenait notamment la fermeture des frontières avec le déploiement de patrouilles militaires, le refus systématique des demandeurs d’asile à l’entrée du territoire, la suspension du regroupement familial pour les réfugiés déjà reconnus, ainsi que l’expulsion des ressortissants syriens titulaires de visas temporaires, au motif qu’une grande partie de la Syrie serait désormais sûre.

Geert Wilders y défendait également l’instauration d’une politique d’expulsion automatique pour tout migrant condamné pour des crimes violents ou à caractère sexuel.

La coalition, une alliance entre le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD), le PVV, le Nouveau contrat social (NSC) et le Mouvement des citoyens-agriculteurs (BBB), a été formée en juillet après de longues négociations. Mais les tensions sur la question migratoire ont finalement eu raison de l’alliance fragile.

Geert Wilders a informé le Premier ministre Dick Schoof du retrait des ministres du PVV du gouvernement mardi matin.

Privé de sa majorité, le Premier ministre a décidé de présenter la démission de son gouvernement, qui sera chargé d’expédier les affaires courantes. De nouvelles élections législatives devraient être annoncées dans la semaine, replongeant les Pays-Bas dans une période d’incertitude politique.

Le PVV est actuellement le premier parti de la Chambre basse avec 37 sièges (sur 150), mais les derniers sondages le créditent d’environ 29 sièges, à égalité avec le VVD et le Parti travailliste-Gauche verte, selon le média néerlandais NRC.

« Une fois de plus, Wilders fait passer ses propres intérêts avant ceux du pays », déplore la dirigeante du VVD, Dilan Yesilgöz, sur X. « Il ne s’agissait pas de migration », a-t-elle ajouté. « Tout ce dont nous avions déjà convenu a été retardé par les erreurs du PVV. »

La cheffe du BBB, Caroline van der Plas, a mis en garde : « Quiconque abandonne maintenant offre les Pays-Bas sur un plateau à la gauche. »

Le cabinet se réunira cet après-midi à 13h30 pour déterminer la marche à suivre, indique le média NOS.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]