Pays-Bas : l'immigration et les coûts de construction pèsent sur la politique du logement, selon le gouvernement

Les Pays-Bas risquent de ne pas atteindre leurs objectifs en matière de construction de logements en raison des migrations, de la hausse des coûts de construction et du manque de terrains disponibles, a déclaré le ministre du Logement et de l’Aménagement du territoire.

Euractiv.com
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Les Pays-Bas sont embourbés dans une crise du logement depuis plusieurs années, le cabinet ayant fixé un objectif de 900 000 unités de logement supplémentaires à construire d’ici 2030. [Shutterstock/fokke baarssen]

Les Pays-Bas risquent de ne pas atteindre leurs objectifs en matière de construction de logements en raison des migrations, de la hausse des coûts de construction et du manque de terrains disponibles, a déclaré le ministre du Logement et de l’Aménagement du territoire, Hugo De Jonge du parti Appel chrétien-démocrate (CDA/PPE), dans un rapport d’étape présenté lundi (23 mai) au Parlement.

Les Pays-Bas sont embourbés dans une crise du logement depuis plusieurs années, le cabinet ayant fixé un objectif de 900  000 unités de logement supplémentaires à construire d’ici 2030.

« La demande de logements augmente plus fortement que prévu, principalement en raison de la migration », a déclaré M. De Jonge dans le rapport d’étape.

« Par ailleurs, les conditions financières pour la construction de logements, en particulier à court terme, sont devenues plus difficiles. Il est donc d’autant plus urgent d’unir nos forces pour continuer à construire […] des logements appropriés et en nombre suffisant », a-t-il ajouté.

En 2022, la migration vers les Pays-Bas a considérablement augmenté, principalement en raison de la guerre de la Russie en Ukraine, ce qui a entraîné une augmentation de la population de 227  000 personnes cette année-là, contre 115  000 en 2021.

Bien que 90 0 000 unités de logement supplémentaires aient été construites l’année dernière — ce qui est conforme à l’objectif de 2030 — la construction de nouvelles unités de logement deviendra plus difficile dans les années à venir en raison de l’augmentation des coûts de construction et des intérêts.

Ainsi, l’Institut économique de la construction (Economisch Instituut voor de Bouw, EIB) estime que la construction de logements diminuera de 3,5 % en 2023 et de 5,5 % en 2024 par rapport à l’année précédente.

« La situation reste incertaine, mais en tout état de cause, on s’attend à une chute brutale en 2024 », a expliqué M. De Jonge.

Pour garantir la construction de logements sur le court terme, Hugo De Jonge promet d’investir au moins 250 millions d’euros dans des projets de construction de logements à court terme, ainsi que 300 millions d’euros dans la construction de logements dits « flexibles », destinés à accueillir les réfugiés ukrainiens ainsi que d’autres demandeurs d’asile.

M. De Jonge a également appelé les communautés à trouver d’autres lieux de construction et à accélérer le processus de construction de logements, qui prend actuellement jusqu’à 10 ans en moyenne.