Pays-Bas : un nouveau parti antisystème s’oppose à davantage d’intégration européenne

Le nouveau parti antisystème néerlandais Nouveau contrat social, qui est actuellement en tête des sondages, s’est engagé à s’opposer à la poursuite de l’intégration européenne et a proposé de négocier des dérogations aux politiques de l’UE.

Euractiv.com
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Pieter Omtzigt, député et membre du Conseil de l’Europe et anciennement membre de l’Appel chrétien-démocrate (CDA, Parti populaire européen) de centre droit, a fondé le NSC en août. [EPA-EFE/SEM VAN DER WAL]

Le nouveau parti antisystème néerlandais Nouveau contrat social (NSC), qui est actuellement en tête des sondages pour les prochaines élections législatives, s’est engagé à s’opposer à la poursuite de l’intégration européenne dans son manifeste électoral publié mardi (24 octobre), et a proposé de négocier des dérogations aux politiques de l’UE.

Pieter Omtzigt, député et membre du Conseil de l’Europe et anciennement membre de l’Appel chrétien-démocrate (CDA, Parti populaire européen) de centre droit, a fondé le NSC en août dernier. Il s’est notamment fait connaître aux Pays-Bas pour avoir dénoncé les irrégularités commises par l’État dans le cadre du scandale des allocations familiales de 2021.

« Nous ne prônons pas une “union toujours plus étroite”. Au sein de l’Europe, nous plaidons pour une position ferme des Pays-Bas, constructive mais réaliste, sans transfert progressif de tâches, de pouvoirs et de budgets qui érodent la souveraineté nationale », peut-on lire dans le manifeste. « L’UE ne devrait agir que si elle est plus efficace que des mesures nationales, régionales ou locales. »

Le NSC demande également l’introduction d’un mécanisme juridique qui obligerait le gouvernement à respecter l’opinion du parlement néerlandais lorsqu’il vote sur des propositions législatives au niveau européen, critiquant le fait que les derniers gouvernements ont eu tendance à ignorer les opinions des députés sur certaines questions, telles que le renouvellement de l’approbation du glyphosate.

En cas de désaccord avec certaines propositions législatives de l’UE, par exemple en raison d’un « soutien insuffisant, d’un manque de faisabilité ou de coûts excessifs », le parti cherchera à former une minorité de blocage avec des États membres de l’UE partageant les mêmes idées, tout en menaçant que « les Pays-Bas se retirent et ne participent pas à toute nouvelle initiative législative ou politique » si aucune minorité de blocage ne peut être trouvée.

Le parti adopte une position quelque peu similaire à celle d’un autre nouveau venu sur la scène politique néerlandaise : le Mouvement des agriculteurs et des citoyens (BBB), qui a appelé à un retrait des Pays-Bas de la politique migratoire et environnementale de l’UE dans son programme électoral le mois dernier.

Finances et économie

Dans son programme, le NSC se prononce également contre la transformation potentielle de l’UE en une « union de transfert » et rejette catégoriquement les emprunts conjoints de l’UE et les euro-obligations (Eurobond). Il demande également à la BCE de mettre fin à son programme d’achat d’actifs et de « revenir à son mandat initial ».

En outre, le parti préconise de « rétablir et de maintenir » les règles de l’UE en matière de dette qui avaient été assouplies, tout en exigeant un budget européen « modéré » sans augmentation de la contribution nationale à partir de 2027.

Les positions du parti s’alignent sur celles des États membres de l’UE, qui s’étaient précédemment opposés aux propositions d’augmentation du budget à long terme de l’Union — le cadre financier pluriannuel (CFP) — présentées par la Commission et le Parlement européen au début de l’année.

Tout en plaidant pour une plus grande souveraineté nationale dans le domaine financier, le parti admet qu’une coopération accrue au niveau de l’UE sera nécessaire pour réduire les dépendances à l’égard des pays tiers en ce qui concerne les ressources critiques et pour établir des conditions de concurrence équitables pour les entreprises européennes sur la scène mondiale.

Défense et Ukraine

En matière de défense, le NSC a réitéré son engagement envers l’OTAN en tant que « point d’ancrage de la politique de défense » des Pays-Bas et veut que le pays respecte l’objectif de dépenses en matière de défense fixé par l’Alliance à 2 % du PIB national.

Si le parti s’oppose à la création d’une armée européenne commune, en insistant sur le fait que « le parlement national a le dernier mot sur la participation [des Pays-Bas] à des missions militaires », il affirme également que « les pays européens devront assumer davantage de responsabilités communes » au sein de l’OTAN.

Dans le même temps, il plaide pour la poursuite du soutien militaire, économique et humanitaire du gouvernement actuel à l’Ukraine, tout en déclarant que le pays devrait être en mesure de rejoindre l’OTAN « à un stade ultérieur ». Le parti s’attend à ce que l’adhésion de Kiev à l’UE « prenne de nombreuses années, au minimum », et souligne la nécessité d’adhérer aux critères de Copenhague, qui sont les critères à respecter pour pouvoir rejoindre l’Union.

Les élections néerlandaises auront lieu le mois prochain. Le parti de M. Omtzigt est actuellement en tête des sondages nationaux, tandis que le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) du Premier ministre sortant Mark Rutte et la liste commune des travaillistes et des verts de l’ancien responsable européen du climat Frans Timmermans restent sur leurs talons.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]