Pédopornographie en ligne : la proposition de l’UE menace les échanges privés, selon le Parti pirate tchèque
En République tchèque, le Parti pirate a mis en garde contre la proposition de la Commission européenne visant à lutter contre les abus sexuels sur les enfants en ligne, affirmant que celle-ci introduit un contrôle généralisé des conversations privées sur Internet.
En République tchèque, le Parti pirate (Verts/ALE), membre de la coalition au pouvoir, a mis en garde contre la proposition de la Commission européenne visant à lutter contre les abus sexuels sur les enfants en ligne, affirmant que celle-ci introduit un contrôle généralisé des conversations privées sur Internet.
La proposition de la Commission comprend des mesures qui permettraient de filtrer le contenu partagé en ligne, qu’il s’agisse de messages privés, de messages vocaux ou de photos, mais le Parti pirate estime que cette démarche ne résoudra pas le problème et constituera même une violation patente de la vie privée des citoyens de l’Union.
« Cette proposition bien intentionnée implique une intrusion inacceptable dans la vie privée de tous les citoyens », a déclaré le chef de file du parti et vice-président chargé du Numérique, Ivan Bartoš.
Alors que le gouvernement discutera de la proposition mercredi (18 octobre), le Parti pirate a l’intention de faire pression pour qu’elle soit rejetée au niveau du Conseil.
« Nous soutenons sans équivoque la lutte contre les abus sexuels sur les enfants. Cependant, il est nécessaire d’agir efficacement, de protéger réellement les enfants, mais pas de cette manière inefficace et aux dépens de la vie privée de chacun d’entre nous sur Internet », a ajouté M. Bartoš.
En effet, un rapport de l’organisation américaine Rape, Abuse & Incest National Network (RAINN) indique que 85 millions de photos et de vidéos montrant des abus sur des enfants ont été mises en ligne en 2022. Parmi celles-ci, 60 % ont été hébergées sur des serveurs situés dans l’Union européenne.
Toutefois, le Parti pirate estime que la proposition de la Commission rend systématiquement suspect tout internaute et élimine ainsi la notion de respect de la vie privée sur Internet.
La proposition est également débattue au Parlement européen.
« Au Parlement européen, nous essayons de nous familiariser le plus possible avec la législation. Il semble qu’il soit possible de faire en sorte que le règlement ne s’applique pas aux appels audio ou aux conversations cryptées de bout en bout », a déclaré l’eurodéputé pirate tchèque Marcel Kolaja.
[Édité par Daniel Eck et Anne-Sophie Gayet]