Pièces détachées de F-35 fournies à Israël : le gouvernement néerlandais dans la tourmente
Les révélations selon lesquelles les Pays-Bas continueraient d’envoyer des pièces détachées d'avions de combat F-35 à Israël après le déclenchement de la guerre Israël-Hamas, malgré les avertissements du ministère des Affaires étrangères, plongent le gouvernement néerlandais dans l'embarras.
Les révélations selon lesquelles les Pays-Bas continueraient d’envoyer des pièces détachées d’avions de combat F-35 à Israël après le déclenchement de la guerre Israël-Hamas, malgré les avertissements du ministère des Affaires étrangères, plongent le gouvernement néerlandais dans l’embarras.
La ministre des Affaires étrangères Hanke Bruins Slot et son homologue au Commerce extérieur Liesje Schreinemacher ont été informés d’une commande israélienne de pièces détachées pour des avions de combat américains F-35 à la mi-octobre, peu après les attaques meurtrières du Hamas du 7 octobre, selon les révélations du grand quotidien néerlandais NRC mardi (7 novembre).
Bien que l’administration du ministère des Affaires étrangères ait mis en garde contre tout transfert de pièce vers Israël, au vu de vives tensions géopolitiques et s’inquiétant de « violations graves du droit humanitaire de la guerre », notamment dans la bande de Gaza, les deux ministres auraient ignoré les avertissements et donné leur feu vert à l’exportation.
En allant de l’avant, les Néerlandais souhaiteraient maintenir de bonnes relations à la fois avec Israël et les États-Unis, fournisseurs du F-35, analyse NRC. Les Pays-Bas abritent l’un des trois centres mondiaux de distribution des pièces détachées du F-35 dans la ville de Woensdrecht.
Interrogé par le NRC, le ministère des Affaires étrangères a déclaré que le gouvernement débattait de l’opportunité de soumettre des « livraisons spécifiques » du programme F-35 à des « contrôles supplémentaires ».
Le « droit israélien à la légitime défense » et « le risque de violation du droit humanitaire international » seront tous les deux pris en compte lors de ces évaluations supplémentaires, a ajouté le ministère.
Ces révélations ont cependant suscité l’indignation des législateurs et autres juristes.
« Malgré les avertissements, [le gouvernement] continue de fournir des pièces [d’avions de chasse] à Israël par peur de nuire aux relations avec Israël et les États-Unis. Incroyable », a posté le législateur socialiste Jasper van Dijk sur X, demandant pourquoi les « contrôles supplémentaires » n’ont été annoncés qu’après les révélations du quotidien.
De son côté, Liesbeth Zegveld, professeur de droit international à l’université d’Amsterdam, a directement accusé le gouvernement néerlandais de contribuer à des crimes de guerre.
« Les Pays-Bas doivent partir du principe que tout ce qu’ils fournissent sera utilisé dans des frappes aériennes disproportionnées, sans faire de distinction entre les civils et les combattants du Hamas. Les Pays-Bas contribuent sciemment à des crimes de guerre », a-t-elle déclaré au NRC.
La situation au Moyen-Orient a profondément divisé le paysage politique néerlandais.
Alors que les partis conservateurs et de droite soutiennent presque unanimement Israël et son droit à la légitime défense, les partis progressistes et de gauche mettent davantage l’accent sur les violations massives des droits humains commises par Israël contre la bande de Gaza, notamment le blocus humanitaire empêchant la nourriture, l’eau et les médicaments d’entrer dans le territoire, ainsi que la campagne de bombardement à grande échelle, qui a entraîné des pertes civiles considérables.
Au 6 novembre, le nombre de civils tués à Gaza aurait dépassé les 10 000, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qualifiant Gaza de « cimetières pour enfants ».