Plus de regazéifieurs pour l'indépendance énergétique de l’Italie

Le gouvernement Meloni doit miser sur les regazéifieurs de gaz naturel liquéfié (GNL) afin de devenir indépendant énergétiquement le plus rapidement possible, a déclaré un cadre du géant de l’énergie Eni.

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Le directeur général de l’Ente Nazionale Idrocarburui (Eni), Claudio Descalzi, a souligné à plusieurs reprises la nécessité d’investir dans davantage de regazéifieurs, qui transforment le gaz liquéfié pour le transport maritime en gaz pour le réseau, pour répondre aux besoins nationaux. [Shutterstock/LEONARDO VITI]

Le gouvernement Meloni doit miser sur les regazéifieurs de gaz naturel liquéfié (GNL) afin de devenir indépendant énergétiquement le plus rapidement possible, a déclaré un cadre du géant de l’énergie Eni.

Le directeur général de l’Ente Nazionale Idrocarburui (Eni), Claudio Descalzi, a souligné à plusieurs reprises la nécessité d’investir dans davantage de regazéifieurs, des méthaniers reconvertis qui transforment le gaz liquéfié pour le transport maritime en gaz pour le réseau, afin de répondre aux besoins nationaux.

« Si nous voulons avoir une sécurité énergétique et une surabondance de gaz, nous devrions obtenir quatre regazéifieurs de plus », a-t-il déclaré lors de la conférence Lombardia 2030 à Milan.

M. Descalzi a établi une comparaison avec l’Espagne, qui consomme 30 milliards de mètres cubes et dispose d’une capacité de regazéification de 60 milliards de mètres cubes.

À ce jour, l’Italie dispose d’une capacité de regazéification de 17 milliards, auxquels s’ajoutent 10 milliards provenant des regazéifieurs de Piombino et Ravenne. Dans des conditions optimales, a expliqué M. Descalzi, l’Italie aurait besoin de quatre regazéifieurs supplémentaires pour une sécurité énergétique totale.

Giorgia Meloni a relancé, à cette fin, le projet Sorgenia et Iren d’un regazéifieur à Gioia Tauro (Calabre), « pour lequel il suffit d’un (décret du gouvernement) déclarant qu’il s’agit d’un ouvrage stratégique pour le faire démarrer ». L’usine est déjà sur le terrain et autorisée depuis dix ans.

Potentiellement, Gioia Tauro pourrait traiter 12 à 16 milliards de mètres cubes de GNL par an et permettrait au gouvernement Meloni de commencer à faire du sud de l’Italie un « hub énergétique national et européen », comme annoncé dans le programme électoral de Fratelli d’Italia, au pouvoir aux côtés de Forza Italia et de la Lega.

« Avec un peu d’intelligence et des ressources bien dépensées, nous pourrions faire du sud (de l’Italie) le centre d’approvisionnement énergétique de l’Europe », a déclaré Mme Meloni lors de son discours de prise de fonction au gouvernement.

Le regazéifieur de Gioia Tauro pourrait devenir une installation importante pour recevoir du GNL provenant de nouveaux gisements en Méditerranée, mais aussi du Nigeria et des usines d’Eni au Mozambique et au Congo. Actuellement, l’Italie importe principalement du Qatar, de l’Algérie et des États-Unis.

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, l’Italie pourrait être stratégique pour approvisionner l’Autriche et l’Ukraine, en utilisant les gazoducs existants qui acheminaient le gaz de Russie avant la guerre. Elle pourrait également approvisionner l’Europe centrale en exploitant les installations de réception de GNL existantes en Allemagne, évitant ainsi de longs et coûteux voyages en mer.