La Pologne menacée de sanctions pour sa gestion de la forêt de Bialowieza

La Cour de justice européenne a jugé que l’abattage d’arbres dans la forêt polonaise de Białowieża était contraire au droit européen. Si le gouvernement n’y met pas fin immédiatement, de lourdes amendes pourraient suivre ce jugement.

EURACTIV.com
shutterstock_243195226
La décision de la CJUE protègera l'habitat des bisons européens. [[Shutterstock]]

La Cour de justice européenne a jugé que l’abattage d’arbres dans la forêt polonaise de Bialowieza était contraire au droit européen. Si le gouvernement n’y met pas fin immédiatement, de lourdes amendes pourraient suivre ce jugement.

Varsovie n’a pas le droit de faire appel du jugement que vient de rendre la Cour de justice européenne (CJUE) sur l’exploitation de la forêt de Bialowieza, valide dès le 17 avril. L’abattage des arbres de cette forêt primaire doit donc cesser immédiatement, si la Pologne veut éviter de lourdes sanctions économiques.

Les amendes minimums que pourrait imposer la Commission européenne s’élèvent à 4,3 millions. Au maximum, elles pourraient même coûter des dizaines de millions d’euros.

Bialowieza est la plus grande forêt primaire restante en Europe. Elle s’étend de l’est de la Pologne à la Biélorussie et abrite des espèces protégées, dont un grand nombre de bisons européens. Elle est protégée par la législation européenne Natura 200 et par la directive Oiseaux.

Pourtant, en 2016, le ministre polonais de l’Environnement, Jan Szyszko, y a autorisé l’exploitation forestière, au motif qu’elle était nécessaire pour gérer la prolifération des scolytinae. Cette espèce de coléoptère est endémique de la forêt et n’est pas un nuisible, mais le ministère assure que sa multiplication est « hors de tout contrôle ».

Une excuse rapidement dénoncée par les groupes de protection de l’environnement, qui se sont plaints à la Commission européenne quand l’abattage sur le site a triplé. L’exécutif européen a référé la question à la CJUE, qui a également écarté les arguments du gouvernement polonais.

Les juges ont même souligné que la gestion forestière polonaise de 2015, qui prévoit l’abattage d’arbres comme les pins et les épicéas, habitats naturels des scolytinae, est contraire à la directive Habitats, qui protège les coléoptères.

ClientEarth, un des groupes de protection de la nature qui ont médiatisé l’affaire, s’est réjoui d’une « grande victoire pour tous les défenseurs de la forêt de Bialowieza ». Son directeur, James Thornton, prévient cependant que « ce n’est pas la fin du combat ».

Il attend que la Pologne se soumette au jugement de la CJUE et voudrait que la zone protégée soit étendue à toute la forêt.