Près de la moitié des Espagnols veulent tenir de nouvelles élections, selon un sondage
Près de la moitié des Espagnols préféreraient tenir de nouvelles élections générales compte tenu des difficultés du Parti socialiste ouvrier espagnol et le Parti Populaire à former un gouvernement stable, selon un nouveau sondage publié lundi par El Pais.
Près de la moitié des Espagnols préféreraient tenir de nouvelles élections générales compte tenu des difficultés des deux principaux partis politiques du pays, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et le Parti Populaire (Partido Popular, PP) à former un gouvernement stable, selon un nouveau sondage publié par El Pais lundi (9 octobre).
Selon un récent sondage du quotidien espagnol, 46 % des répondants pensent que le Premier ministre par intérim, Pedro Sánchez (PSOE, Socialistes et Démocrates européens), parviendra à former un nouveau gouvernement progressiste grâce au soutien des forces séparatistes catalanes et basques.
Cependant, un tiers des personnes interrogées pensent que cela conduira à de nouvelles élections en janvier 2024.
Le leader du PP (Parti populaire européen) Alberto Núñez Feijóo n’ayant pas réussi à former un gouvernement et au vu des demandes des séparatistes catalans, qui ont conditionné leur soutien à M. Sánchez à un référendum sur l’autodétermination de la Catalogne et une loi d’amnistie pour les personnes impliquées dans la tentative séparatiste de 2017 dans la région, 48 % des répondants du sondage pensent qu’il serait préférable de recommencer les élections.
Les accords entre M. Sánchez et les partis nationalistes et séparatistes catalan et basque sont soutenus par près de 30 % des personnes interrogées, tandis que 10 % souhaiteraient que le PP soutienne l’investiture du candidat socialiste afin que M. Sánchez puisse gouverner sans avoir besoin des votes des séparatistes, a révélé l’enquête.
Les électeurs du PSOE divisés
Les électeurs du PSOE sont très partagés sur ce que M. Sánchez devrait faire pour rester à la tête du gouvernement.
Selon le sondage, près de 50 % des électeurs du PSOE seraient favorables à une coalition avec le parti de gauche Sumar, avec le soutien parlementaire des partis séparatistes, et ce non seulement pour l’investiture de M. Sánchez, mais aussi pour l’ensemble de la législature, sur des dossiers tels que le budget national, un élément clé de la stabilité du pays.
25 % des électeurs du PSOE préféreraient organiser de nouvelles élections, et 19 % d’entre eux souhaiteraient que M. Sánchez obtienne le soutien du PP, ce qui lui éviterait d’avoir besoin de l’appui des séparatistes.
Cependant, le pourcentage d’électeurs du PSOE favorables à un accord avec les nationalistes catalans et basques a chuté ces dernières semaines, passant de 57,8 % il y a un mois à 48,8 % aujourd’hui, selon un autre sondage.
Parmi les électeurs socialistes, le souhait de réorganiser des élections gagne également edu terrain, avec 25 % des personnes étant en faveur d’une telle option, contre 9 % en septembre.
Le PP s’oppose à l’amnistie pour les séparatistes
Bien qu’il ait menacé, il y a plusieurs semaines, de porter une éventuelle loi d’amnistie devant le Tribunal constitutionnel espagnol, le chef du PP a confirmé ses intentions lundi.
Si le PP ne fait pas appel d’une éventuelle loi d’amnistie devant les tribunaux, le parti de centre droit serait « complice d’une injustice », a souligné M. Núñez Feijóo.
Dans une interview diffusée lundi par Catalunya Ràdio, le chef de la principale force d’opposition au Parlement a assuré que le PP s’opposerait à l’amnistie « avec raison, morale, éthique et respect de la loi ».
« […] Tout ce qui est injuste, nous devons le contester parce que sinon, nous serions complices d’une fraude. Être complice d’une injustice dans un État démocratique comme l’Espagne est un acte de lâcheté absolue », a-t-il souligné.
Sumar présente une proposition pour intégrer l’amnistie à la Constitution
Le parti progressiste Sumar présentera mardi (10 octobre) à Barcelone une proposition élaborée par une équipe d’experts juridiques afin d’intégrer l’éventuelle future loi d’amnistie dans la Constitution espagnole de 1978.
Toutefois, le porte-parole de Sumar, Ernest Urtasun, a déclaré lundi que ce qui sera présenté ne sera pas le texte final mais servira plutôt d’« outil de travail » pour fournir le « cadre constitutionnel » de la future loi.
Le président régional de Catalogne, Pere Aragonès, du parti séparatiste de la Gauche républicaine de Catalogne (Esquerra Republicana de Catalunya,ERC), avait déjà fait savoir que les forces séparatistes étaient intéressées par la proposition du PSOE, et non par celle de M. Sumar, divulguée par El Pais la semaine dernière, qu’il a tout de même qualifiée d’« intéressante ».
Le PSOE a souligné qu’il s’agit exclusivement d’une proposition de Sumar, avec laquelle le parti socialiste ne se sent pas lié.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]