Les présidents italien et allemand envoient un message fort à l’extrême droite
Le président italien Sergio Mattarella et le président allemand Frank-Walter Steinmeier, qui ont clôturé une rencontre de trois jours par une cérémonie commémorant un massacre nazi-fasciste, ont envoyé un message fort à l’extrême droite.
Le président italien Sergio Mattarella et le président allemand Frank-Walter Steinmeier, qui ont clôturé une rencontre de trois jours par une cérémonie commémorant un massacre nazi-fasciste, ont envoyé un message fort à l’extrême droite le weekend du 28-29 septembre.
« Pourquoi cela s’est-il produit ? Nous continuons à nous poser la question sans trouver de réponse définitive, seulement une incertitude persistante. Cela s’est produit et peut donc se reproduire, comme nous en a averti Primo Levi. Cela peut arriver si nous oublions », a déclaré Sergio Mattarella, rappelant le difficile processus de reconstruction d’un continent après la « dévastation matérielle et morale » provoquée par le nazisme et le fascisme.
Les échanges entre les deux chefs d’État se sont conclus à Marzabotto, près de Bologne, où ils ont assisté à la commémoration du 80e anniversaire d’un massacre perpétré par les troupes nazies sous le commandement du major Walter Reder, qui a coûté la vie à 770 civils entre le 29 septembre et le 5 octobre 1944.
Lors de ce moment solennel, Frank-Walter Steinmeier a demandé pardon au nom de l’Allemagne et a exprimé sa profonde inquiétude face à la recrudescence des mouvements d’extrême droite dans son pays.
« Dans mon pays, nous assistons à une résurgence des forces nationalistes et d’extrême droite, des forces qui cherchent à affaiblir ou à saper la démocratie. Cela me préoccupe. Mais cela renforce aussi ma détermination… Nos deux pays savent que la démocratie, même une fois acquise, n’est jamais garantie. Nous savons que la liberté et la démocratie doivent être protégées et défendues, et que l’excès de nationalisme mène à la guerre », a-t-il affirmé.
L’envoi d’un avertissement à l’extrême droite était déjà un thème central lors des premiers jours de la visite d’État du président italien en Allemagne.
« Je ne me sens pas autorisé à parler de mouvements politiques d’extrême droite spécifiques, mais je crois pouvoir dire ceci : méfiez-vous de ceux qui offrent des “réponses faciles mais trompeuses”, de ceux qui prétendent “avec nous, vous reviendrez à l’âge d’or d’il y a soixante ans” », a commenté Sergio Matarella samedi 28 septembre.
Les longues réunions entre les deux hommes ont également mis en évidence les liens étroits qui unissent l’Italie et l’Allemagne.
Frank-Walter Steinmeier a qualifié la visite du président italien de « symbole de l’amitié profonde entre nos deux nations, un lien qui n’est pas seulement nécessaire et rationnel, mais aussi sincère ». Pour sa part, Sergio Mattarella a qualifié l’Allemagne de « partenaire essentiel ».
En ce qui concerne les liens entre les deux pays sous la direction de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, Sergio Mattarella a assuré que rien n’avait changé.
« Nos relations restent inchangées. Elles sont si fortes qu’elles résistent aux changements politiques, et le partenariat reste solide, comme le démontrent l’accord signé par nos gouvernements l’année dernière et l’appel téléphonique d’hier entre la Première ministre Giorgia Meloni et le chancelier Olaf Scholz », a souligné Sergio Mattarella.
Les deux dirigeants ont également partagé un point de vue commun sur la question des migrations, que Sergio Mattarella a résumé comme suit : « la migration est un sujet majeur pour les gouvernements et l’opinion publique, et nous nous efforçons de gérer ce phénomène de manière plus ordonnée. Nous résoudrons le problème lorsque nous pourrons établir des canaux de migration réguliers, en retirant le marché de la traite des êtres humains des mains des criminels ».
Quelques jours plus tôt, Palazzo Chigi, la résidence officielle de la Première ministre italienne, a publié une déclaration détaillant une conversation téléphonique entre Giorgia Meloni et le chancelier allemand Olaf Scholz au sujet des récentes décisions allemandes en matière de migration.
Le communiqué révèle que « les deux dirigeants ont convenu de maintenir une coordination étroite sur la politique migratoire dans la perspective des prochaines réunions du Conseil européen, dans le but de renforcer le lien entre les dimensions internes et externes de la politique migratoire de l’UE, en particulier en termes de partenariats avec les États d’origine et de transit, de retours, de lutte contre la traite des êtres humains et de facilitation de l’immigration légale ».