Prime de présence en ligne de 149 € : les députés européens exigent plus de « transparence »
Les membres du Comité économique et social européen peuvent percevoir cette indemnité en se connectant aux réunions en ligne
Les députés européens ont exigé des explications concernant une indemnité de 149 euros versée aux membres d’un obscur organe décisionnel de l’UE lorsqu’ils participent à des réunions en ligne.
Les 329 membres du Comité économique et social européen (CESE) peuvent prétendre à cette indemnité journalière sans être présents à Bruxelles, lorsqu’ils participent à des réunions à distance par vidéoconférence.
Les membres de cet organe sont issus des syndicats, des employeurs et de divers groupes de la société civile, et ne perçoivent pas de salaire. Leur rôle consiste à fournir des conseils politiques aux institutions de l’UE, y compris au Parlement.
Mercredi, les députés européens ont voté en faveur d’un rapport de Pasquale Tridico, député européen italien du Mouvement 5 étoiles, appelant le CESE à renforcer « la transparence et la proportionnalité du système d’indemnités de participation à distance afin de renforcer la confiance du public ».
« La compensation financière pour la participation à distance doit être strictement justifiée », indique le rapport. L’organisme a versé 259 669 euros en 2024 pour la participation à distance, et plus de 6 millions d’euros pour la participation physique. Les indemnités journalières ont déjà suscité des interrogations, en particulier pendant la pandémie.
Une indemnité journalière de 367 euros est versée pour la participation en personne.
« La gestion du budget du CESE soulève des questions opaques et critiques, qui ont été partiellement résolues par la nouvelle direction », a indiqué Tridico à Euractiv.
Il a ajouté que le fait de verser aux membres une indemnité moins élevée pour les réunions à distance que pour les réunions en personne avait apporté certains avantages, notamment « une réduction significative des frais de transport et des remboursements ».
Le personnel du CESE vérifie si les membres sont réellement connectés « en examinant les horodatages de connexion et les registres de participation », a indiqué l’organisme par écrit au Parlement européen.
« Les indemnités sont destinées à compenser le temps consacré à la préparation des réunions, le temps passé à y assister et le travail de suivi après la réunion », a expliqué un porte-parole du CESE.
Un porte-parole du CESE a indiqué que la décision de rembourser les membres pour leur participation en ligne avait été prise par le Conseil de l’UE, car elle apporte des avantages budgétaires et environnementaux.
Allégations anonymes
Le CESE a été secoué ces dernières semaines par des allégations anonymes visant Isabel Le Galo Flores, sa plus haut fonctionnaire.
Au Parlement européen à Strasbourg cette semaine, Cristian Terheş, député européen roumain du groupe ECR, a brandi la lettre anonyme qui a été diffusée au personnel du CESE début mars.
« Les médias européens en parlent déjà depuis deux jours », a-t-il déclaré. Il a appelé en vain les députés européens à voter contre le rapport « afin que nous puissions examiner ces allégations ».
(bw)