Protectionnisme économique de l’UE : le commissaire au Commerce veut rassurer les entreprises

L’importance croissante accordée par l’UE à la sécurité économique n’ébranlera pas l’ouverture fondamentale de l’économie européenne, a déclaré mardi (2 juillet) le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, afin de rassurer les entreprises.

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EU Commission opens excessive deficit procedures for seven member states
Le commissaire européen au Commerce et vice-président exécutif de la Commission, Valdis Dombrovskis.

L’importance croissante accordée par l’Union européenne à la sécurité économique n’ébranlera pas l’ouverture fondamentale de l’économie européenne, a déclaré mardi (2 juillet) le commissaire européen au Commerce et vice-président exécutif de la Commission, Valdis Dombrovskis, afin de rassurer les entreprises.

Lors d’un évènement organisé par le lobby basé à Bruxelles BusinessEurope, Valdis Dombrovskis a affirmé que les récents efforts de la Commission européenne pour coordonner les contrôles des exportations et améliorer le filtrage des investissements directs étrangers (IDE), parmi d’autres mesures « de protection », ne signifie pas que l’Europe bascule vers un protectionnisme économique.

« Traditionnellement, l’Europe est un continent commercial et le restera », a souligné le commissaire letton, avant d’ajouter que le libre-échange est crucial pour préserver l’accès de l’Union aux matières premières critiques et pour permettre aux entreprises européennes de « réaliser des économies d’échelle ».

Il a également indiqué qu’il soutenait « pleinement » l’appel récemment lancé par BusinessEurope aux décideurs politiques pour qu’ils trouvent un « équilibre » entre les trois piliers de la stratégie de l’UE pour renforcer la sécurité économique, qui vise à promouvoir la compétitivité et à établir des partenariats avec des pays « partageant les mêmes valeurs » tout en assurant la sécurité économique du bloc.

Le commissaire a précisé qu’il était « très important […] de s’assurer que toutes les actions que nous entreprenons préservent l’équilibre entre les trois piliers ».

Le directeur général de BusinessEurope, Markus Beyrer, a pour sa part réitéré que les efforts de l’UE pour renforcer la sécurité ne devraient pas avoir d’impact sur la compétitivité faiblissante de l’Union.

« Nous devons faire très attention à ce que cela ne conduise pas à un protectionnisme déguisé », a-t-il averti. « Il y a une ligne rouge très claire à tracer. »

Valdis Dombrovskis a également exprimé son soutien à la proposition de l’association industrielle de créer une plateforme d’échange dédiée à la sécurité économique. Cette plateforme regrouperait des fonctionnaires européens, des chercheurs, des autorités publiques et des membres du secteur privé.

« Je soutiendrais personnellement la création d’une telle plateforme », a-t-il noté, soulignant toutefois que la décision reviendrait en fin de compte à son successeur.

Ancien Premier ministre letton récemment désigné par son pays d’origine pour un troisième mandat à la Commission, Valdis Dombrovskis souhaiterait selon certains obtenir un portefeuille exclusivement économique durant la prochaine législature de l’UE.

Il a également expliqué qu’il existait une distinction essentielle entre la sécurité économique et le fait de « garantir des conditions de concurrence équitables » en matière de commerce international. Il a affirmé que la récente série d’enquêtes de l’UE sur les subventions accordées par la Chine aux technologies propres avait été menée uniquement pour cette raison.

« Lorsque nous discutons de la défense commerciale, il est important de faire la distinction entre la garantie de conditions équitables et les implications en matière de sécurité économique », a-t-il insisté.

Les droits de douane provisoires sur les véhicules électriques produits en Chine, annoncés le mois dernier par l’UE, entreront en vigueur ce jeudi (4 juillet) si aucun accord n’est conclu avec Pékin.

Un porte-parole de la Commission chargé du commerce a confirmé à Euractiv la semaine dernière que les deux parties continueraient à discuter à tous les niveaux dans les semaines à venir afin de parvenir à un accord.

[Édité par Anna Martino]