Qatargate : Marc Tarabella et Eva Kaili restent en prison
Le maintien en détention préventive de l’eurodéputé belge Marc Tarabella, soupçonné de corruption dans le cadre du Qatargate, a été examiné jeudi par la Chambre du conseil de Bruxelles. Tout comme Eva Kaili — détenue depuis dix semaines —, le Belge restera en prison.
Le maintien en détention préventive de l’eurodéputé belge Marc Tarabella, soupçonné de corruption dans le cadre du scandale du Qatargate, a été examiné jeudi (16 février) par la Chambre du conseil de Bruxelles. Tout comme l’ex vice-présidente du Parlement européen Eva Kaili — détenue depuis dix semaines —, M. Tarabella restera en prison.
Accusé par l’ancien eurodéputé italien Pier-Antonio Panzeri d’avoir reçu d’importantes sommes d’argent en échange d’un assouplissement de sa position sur le Qatar, Marc Tarabella devrait rester en prison encore un mois au moins après le refus de sa demande de libération.
Bien que depuis les premiers jours du scandale il clame son innocence, Marc Tarabella a été placé en détention vendredi dernier (10 février).
Juste avant le passage en Chambre du conseil de sa demande, son avocat, Maxim Toller, a introduit une requête en récusation contre le juge d’instruction sur le dossier, Michel Claise, rapportait Le Soir hier. En vertu du code judiciaire belge, un juge peut être écarté d’un dossier en cas de « suspicion légitime » de partialité.
L’avocat de Marc Tarabella a confié à Belga que le mandat d’arrêt du juge indique que « les prises de position publiques de l’inculpé [Marc Tarabella] étaient au départ en défaveur du Qatar, et puis ces positions se sont inversées à partir du moment où les mouvements suspects de fonds ont été détectés », ce qui selon lui revient à donner clairement une « opinion sur la culpabilité de Monsieur Tarabella dans ce dossier ».
Reste à voir si la requête de Me Toller sera acceptée. Si elle venait à être rejetée, un recours est toutefois possible. Michel Claise dispose à présent de deux jours pour fournir une réponse argumentée.
Après la requête de Me Toller, Me Claise a été temporairement écarté du dossier, et les passages en Chambre du conseil de Marc Tarabella et d’Eva Kaili ont donc été retardés. Un nouveau juge a été contraint de prendre le relais, ne disposant que de quelques heures pour prendre connaissance du dossier, explique Le Soir.
Le nouvel avocat de Eva Kaili, Sven Mary, a déclaré qu’il aurait « préféré que le juge Claise fasse son rapport devant la Chambre, car qui mieux que lui connaît le dossier ? »
« Je ne sais pas si le résultat aurait été différent, mais nous avions un juge qui a dû le remplacer au pied levé et qui forcément ne connaissait pas le dossier », a-t-il poursuivi, rapporte le quotidien belge.
« Je suis triste qu’elle ne soit pas libérée et je continue à penser qu’elle est un trophée. Sauf qu’elle n’est pas qu’une vice-présidente du Parlement européen, Eva Kaili est aussi une maman. Une maman qui voit son bébé de 24 mois deux fois par mois. Je respecte cette décision mais je la conteste et je ferai appel dès demain », a-t-il également indiqué.
Le repenti Pier-Antonio Panzeri est lui aussi passé devant la Chambre, mais il n’avait pas demandé à être libéré.