Querelles entre socialistes et centre-droit sur les réformes de la zone euro
Lors d'une réunion tardive samedi (5 mars) à Helsinki, les leaders du Parti populaire européen (PPE) de centre-droit ont tourné en ridicule l'absence de deux des quatre premiers ministres du Parti socialiste européen (PSE) de centre-gauche présents à un sommet qui se tenait simultanément à Athènes.
Lors d'une réunion tardive samedi (5 mars) à Helsinki, les leaders du Parti populaire européen (PPE) de centre-droit ont tourné en ridicule l'absence de deux des quatre premiers ministres du Parti socialiste européen (PSE) de centre-gauche présents à un sommet qui se tenait simultanément à Athènes.
Wilfried Martens, le leader du PPE qui présidait le sommet à Helsinki, a signalé l’absence du premier ministre espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero et de son homologue portugais, José Sócrates, qui participaient tous deux à un autre forum à Athènes.
« J’espère que les ministres socialistes de l’UE voudront bien tenir compte de nos propositions, puisque la plupart [par leur absence] ont choisi de ne pas adopter les positions populistes annoncées lors de la réunion des personnalités politiques de second plan qui s’est tenue hier à Athènes », a déclaré M. Martens.
Huit chefs d’Etat et de gouvernement, dont la chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, ont assisté au sommet du PPE. Au total, le PPE compte 15 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union des 27.
Du côté du PSE, George Papandreou, qui A accueilli la réunion à Athènes, et le chancelier autrichien, Werner Faymann étaient les seuls leaders de centre-gauche à la tête d’un gouvernement à assister à la réunion.
Au même moment, des représentants de toutes les institutions européennes étaient rassemblés à Helsinki, dont le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le président du Conseil, Herman Van Rompuy, le président du Parlement européen, Jerzy Buzek et le président du Conseil de l’UE et premier ministre hongrois, Viktor Orbán.
Cependant, ni le président français, Nicolas Sarkozy, ni son premier ministre, François Fillon, n’ont assisté à la réunion du PPE. Les premiers ministres polonais et suédois, Donald Tusk et Fredrik Reinfeldt étaient également absents.
Les deux sommets ont abouti à l’adoption de conclusions en cinq points. Néanmoins, celles-ci semblent très contrastées, puisque le texte du PPE se concentre sur des questions proches de l’agenda du sommet des 24 et 25 mars (voir « Background), alors que le document du PSE se concentre sur des objectifs plus idéalistes, tels que la création d’emploi et les progrès en matière sociale.
Les leaders du PPE se sont mis d'accord pour renforcer le mécanisme européen de stabilisation financière, pour mettre en place sa version permanente, le Mécanisme européen de stabilité (MES) en juin 2013 et pour adopter un paquet législatif sur l'amélioration de la gouvernance avant 2012. Ils ont également donné leur aval aux plans de Mme Merkel et de M. Sarkozy sur un « Pacte de compétitivité » et au renforcement du Pacte de stabilité et de croissance, notamment via l'introduction d'un mécanisme de sanction clair.
Le sommet du centre-droit a approuvé que les Etats membres extérieurs à la zone euro soient invités à participer à toutes ces mesures, mais sur une base volontaire.
D'autre part, les dirigeants du Parti socialiste européen (PSE) ont soutenu l'idée de la compétitivité mais ont insisté sur le fait qu'elle ne devrait pas être encouragée au dépend des salaires et des normes sociales. Ils ont demandé la création d'un Pacte sur l'emploi et les progrès sociaux pour une croissance juste, afin de créer de meilleurs emplois et de lutter contre les inégalités.
Les dirigeants de centre-gauche ont appelé à la création de nouveaux instruments fiscaux, comme une taxe sur les transactions financières et une taxe sur le carbone, ainsi qu'à de nouveaux moyens pour augmenter les investissements créateurs d'emplois.
Les dirigeants du PSE ont également demandé la renégociation des plans de sauvetage déjà accordés à des pays en difficulté financière, comme la Grèce et l'Irlande, afin que les taux d'intérêt des prêts soient abaissés et que davantage de temps soit accordé à ces pays pour rembourser.