Raffaele Fitto évite les questions des eurodéputés sur son affiliation politique et tente de rassurer
Raffaele Fitto, commissaire italien désigné pour la vice-présidence de la Commission pour la Cohésion et les Réformes, a souligné, dans ses réponses aux questions écrites des eurodéputés, son engagement à introduire des conditionnalités dans la distribution des fonds de cohésion.
Raffaele Fitto, commissaire italien désigné pour la vice-présidence de la Commission pour la Cohésion et les Réformes, a souligné, dans ses réponses aux questions écrites des eurodéputés, son engagement à introduire des conditionnalités dans la distribution des fonds de cohésion. Il a également soigneusement évité de mentionner son affiliation au parti d’extrême droite….
Dans ses réponses écrites aux questions des eurodéputés avant son audition le 12 novembre, Raffaele Fitto a cherché à dissiper les doutes persistants sur sa nomination, réaffirmant son engagement envers les valeurs européennes et se décrivant comme un « fervent défenseur du projet européen ».
La raison du scepticisme des forces progressistes du Parlement européen s’explique par l’affiliation de Raffaele Fitto au parti d’extrême droite Fratelli d’Italia (Conservateurs et Réformistes européens, CRE) de la Première ministre Giorgia Meloni. Cette dernière s’est d’ailleurs abstenue en juillet de voter en faveur du second mandat d’Ursula von der Leyen, contrairement à une large majorité du Parlement européen.
Raffaele Fitto, actuellement ministre des Affaires européennes et de la Cohésion en Italie, a également mis en avant son expérience au sein du gouvernement de Giorgia Meloni et ses excellents résultats en matière de politiques de cohésion.
Cependant, tout au long des 16 pages de réponses aux eurodéputés, Raffaele Fitto omet soigneusement de faire référence à sa famille politique. Au lieu de cela, il souligne ses racines modérées, citant son affiliation en début de carrière à au parti Democrazia Cristiana — une famille politique centriste qui a été dissoute en 1994 mais dont le commissaire désigné dit partager la « vocation européenne ».
Dans l’ensemble, les eurodéputés de la commission REGI du Parlement européen solliciteront l’avis de Raffaele Fitto sur l’introduction éventuelle de conditions dans la distribution des fonds de cohésion, le deuxième outil de financement de l’UE.
Cette question s’inscrit dans le cadre d’un débat plus large sur la réforme des dépenses communes de l’Union. Celle-ci subordonnerait l’allocation des fonds européens à la réalisation par les États membres de certains objectifs de réforme structurelle convenus.
Faisant écho aux commentaires de Piotr Serafin, le candidat polonais désigné au portefeuille du budget de la Commission européenne, Raffaele Fitto a indiqué qu’il était favorable à l’idée de conditionner le déboursement des fonds à des « étapes » de réforme, sur le modèle de la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR), mise en place par l’UE après la pandémie de Convid-19.
À la question de savoir si le fait de conditionner les fonds de l’UE à la mise en œuvre des réformes pénaliserait les États membres ou les régions dont les capacités administratives sont limitées, Raffaele Fitto a écrit que ces enjeux devraient être résolus en renforçant leurs capacités par le biais d’une meilleure gouvernance et d’efforts de numérisation.
Une « trahison » des préoccupations nationales ?
Raffaele Fitto s’est également abstenu de soutenir les demandes de son pays visant à repousser l’échéance du plan national de la FRR — connu sous le nom de PNRR — au-delà de 2026.
Au lieu de cela, il s’est engagé à « réaliser les réformes et les investissements convenus » d’ici la date limite de 2026, et a réitéré que les pays qui n’y parviendraient pas pourraient faire face à des réductions de financement.
« La Commission évaluera en permanence si les États membres respectent leurs engagements et si les derniers jalons et objectifs sont susceptibles d’être remplis d’ici là », a-t-il ajouté.
La nouvelle position de Raffaele Fitto, alignée sur la Commission, concernant la date limite de la FRR, qui s’oppose aux appels répétés du ministre italien de l’Économie, Giancarlo Giorgetti, en faveur d’un report, a suscité des critiques de la part du Mouvement cinq étoiles (La Gauche) mercredi 23 octobre.
Selon la Cour des comptes européenne, l’Italie n’a atteint que 34 % des objectifs fixés par l’UE et accuse un retard important dans ses dépenses.
« Sans une prolongation au-delà de 2026, il sera impossible d’utiliser tous les fonds européens disponibles », ont indiqué les eurodéputés du Mouvement 5 étoiles, Valentina Palmisano et Gaetano Pedullà, dans une déclaration commune.
« [Raffaele] Fitto trahit l’Italie, car cette décision nous empêchera de profiter pleinement de cette opportunité de relance. Il se trahit également lui-même, étant donné qu’il a publiquement demandé une prolongation le 19 avril », ont-ils ajouté.