Raphaël Glucksmann chassé d'une manifestation, la gauche se déchire pour le 1er mai
Raphaël Glucksmann, a été pris à partie par des manifestants et chassé d'un cortège à l'occasion de la fête du Travail ce mercredi (1er mai). Des attaques qui, selon l’eurodéputé, sont la conséquence des « calomnies » lancées par les dirigeants de La France insoumise.
Le candidat du Parti socialiste et de Place publique (Socialiste et Démocrates européens, S&D) pour les élections européennes, Raphaël Glucksmann, a été pris à partie par des manifestants et chassé du cortège qui défilait à Saint-Étienne pour la fête du Travail mercredi (1er mai). Des attaques qui, selon l’eurodéputé, sont la conséquence des « calomnies » lancées par les dirigeants de La France insoumise (LFI).
Quelques semaines avant les élections européennes du 9 juin, la gauche française est à couteaux tirés, alors que plus de 200 000 personnes ont manifesté dans tout l’Hexagone.
Peu après être arrivé dans un cortège qui défilait à Saint-Étienne pour le 1er mai, la tête de liste du Parti socialiste (PS) et de Place publique, Raphaël Glucksmann, a été exfiltrée par son service de sécurité après avoir été hué aux cris de « Cassez-vous », « Glucksmann casse-toi » ou encore « Palestine vivra » par des manifestants.
Selon France Bleu Saint-Etienne Loire, certains des protestataires portaient des drapeaux palestiniens et lui ont jeté de la peinture. M. Glucksmann a récemment dénoncé le « carnage », les « crimes de masse » et le blocus de la bande de Gaza, mais s’est refusé comme d’autres dirigeants de gauche à parler de « génocide », ces derniers l’accusant de complaisance avec Israël.
L’eurodéputé a rapidement dénoncé sur le réseau social X « des groupuscules violents », considérant que ces attaques « sont le résultat de mois de haine et de calomnies savamment orchestrées par les Insoumis ». Le candidat socialiste a expliqué recevoir des messages d’insultes « par milliers », dont certains à caractère antisémite.
Pour l’élu, cette action s’apparente donc à « une réaction de frustration car la dynamique est chez [le PS-Place publique] », alors que la liste socialiste fait la course en tête parmi les formations de gauche, et qu’elle se rapproche de celle de la majorité présidentielle, conduite par Valérie Hayer (Renaissance, Renew) avec 14 % des intentions de vote dans le dernier sondage Ipsos du 29 avril, contre 17 % pour Renaissance.
Les fractures de la gauche
Dans un message publié sur Facebook, la section des Jeunes Communistes de la Loire (JC42), a revendiqué l’action, soulignant que « Raphaël Glucksmann a voulu s’inviter dans le cortège à l’occasion des élections européennes », avant d’expliquer que « les ennemis de notre classe ne seront jamais les bienvenus à nos côtés ! ».
Le secrétaire national du Parti communiste (PCF, Gauche), Fabien Roussel, a de son côté tenu à se détacher des jeunes militants de son mouvement, apportant son soutien au candidat socialiste, tout comme la tête de liste pour les écologistes (Verts/ALE), Marie Toussaint, qui « condamne fermement les agissements d’une poignée d’excités ».
Les principaux chefs de LFI n’ont eux aussi pas manqué de condamner les violences de Saint-Étienne. La tête de liste du parti, Manon Aubry, a précisé qu’en démocratie « tout le monde avait le droit de manifester ». Jean-Luc Mélenchon a souligné que « tous ceux qui veulent faire allégeance à la lutte des travailleurs pour leurs droits ont leur place le 1er mai ».
Mais le leader de la France insoumise a aussi poursuivi sa joute verbale avec Raphaël Glucksmann sur les réseaux sociaux, expliquant que l’expulsion du candidat socialiste du cortège stéphanois était une « diversion médiatique » contre le 1er mai et qu’elle donnait une position de « victime » à ce dernier.
Du côté du Parti socialiste, la porte-parole du mouvement Chloé Ridel a dénoncé « la “gauche” la plus bête du monde », alors que le combat devrait se diriger contre « Macron, Bardella et Zemmour, dont le projet écrase ceux qui n’ont que leur travail pour vivre ».
En meeting à Perpignan dans le sud de la France, le chef de file du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a, pour sa part, lancé le sprint final de sa campagne, en présentant les 35 premiers candidats de sa liste pour les Européennes.