Réallocation du budget : les projets de la Commission divisent l’UE [FR]

Hier (23 février), un plan récent de la Commission européenne visant à réallouer cinq milliards de budget européen non dépensé aux énergies propres et aux projets d’Internet à large bande a divisé les ministres des Affaires étrangères européens et a également plongé ses initiateurs dans l’embarras, a appris EURACTIV.

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Hier (23 février), un plan récent de la Commission européenne visant à réallouer cinq milliards de budget européen non dépensé aux énergies propres et aux projets d’Internet à large bande a divisé les ministres des Affaires étrangères européens et a également plongé ses initiateurs dans l’embarras, a appris EURACTIV.

Au cours de la réunion du Conseil Affaires générales et relations extérieures, les ministres des Affaires étrangères ont même été en désaccord à propos des implications de l’équilibre géographique, ont indiqué des sources à EURACTIV. 

Selon les pays d’Europe de l’Ouest, le paquet de projets énergétiques présenté par l’exécutif européen est équilibré. Mais pour les pays les plus riches, une proposition équilibrée implique des retours, sous la forme de projets, à la hauteur de leurs contributions plus importantes au budget européen. 

Les pays d’Europe de l’Est ont un point de vue différent sur la question. Selon un représentant bulgare, pour Sofia, il n’y a ni cohérence, ni équilibre, ni politique dans la proposition de la Commission. La Bulgarie fera pression pour un équilibre géographique des répartitions, a-t-il ajouté, afin de garantir que les leçons tirées de la crise gazière se reflètent dans la décision finale. 

En effet, la Bulgarie et la Slovaquie, les pays les plus sévèrement touchés par la crise, se sont vu allouer des sommes modestes dans le plan de l’exécutif européen visant à réattribuer cinq milliards d’euros de budget européen non dépensé (EURACTIV 29/01/09). Conformément à la proposition, 20 milliards d’euros ont été alloués à la Bulgarie pour l’interconnexion gazière Haskovo-Commotini avec la Grèce, et 25 milliards à la Slovaquie pour l’interconnexion Velky Krtis-Ballasaqyarmat avec la Hongrie. 

Mais cette fois-ci, la Grèce, le Portugal et l’Espagne, qui considèrent que le paquet n’est pas équitable, ont fait écho aux critiques bulgares.

D’autres pays d’Europe de l’Ouest ont également soulevé des objections. Le Royaume-Uni demeure incertain en ce qui concerne les délais : en effet, selon Londres, les fonds pourraient être engagés d’ici à 2010, mais pas dépensé. L’Allemagne souhaiterait voir une liste différente de projets. Quant à la Belgique et le Danemark, ils ne sont pas satisfaits du fait que leurs projets de villes écologiques ont été abandonnés, ont indiqué des sources. 

La Commission, initiatrice du projet, s’est retrouvée sous le feu des critiques non seulement à propos du contenu de ses propositions, mais aussi pour ne pas avoir sécurisé le financement, a révélé récemment EURACTIV (EURACTIV 19/02/09). Désormais, sous la pression de l’Allemagne, l’Autriche, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, l’exécutif européen a dû abandonner son projet d’utiliser la « marge » entre le budget annuel 2008 et le plafond pour le cadre financier pluriannuel 2007-2013. Elle tentera de trouver l’argent ailleurs. 

Parallèlement, l’intégralité du paquet, proposé à l’initiative du président de la Commission José Manuel Barroso, reste une illusion, a indiqué un diplomate.