Reconquête! ne siégera pas avec Giorgia Meloni au Parlement européen
Le parti d’Éric Zemmour Reconquête ! ne siégera pas dans le groupe de Giorgia Meloni au Parlement européen. Une situation qui fait suite à la rupture du parti avec la plupart des eurodéputés fraîchement élus sous sa bannière.
Le parti d’Éric Zemmour Reconquête ! ne siégera pas dans le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE) de Giorgia Meloni au Parlement européen, suite à la rupture du mouvement avec la plupart des eurodéputés tout juste élus sous sa bannière.
Le groupe des Conservateurs et réformistes européen (CRE), présidé par le parti Fratelli d’Italia de la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni, vient de dévoiler le nom de ses nouveaux membres.
Y figurent Marion Maréchal, Nicolas Bay, Guillaume Peltier, Laurence Trochu, tous élus dimanche 9 juin sous les couleurs du parti d’extrême droite Reconquête! aux élections européennes.
Les CRE deviennent ainsi le 3e groupe le plus important du Parlement européen, une place jusqu’à présent occupée par les libéraux de Renew Europe, où siège les eurodéputés soutenus par Emmanuel Macron. Renew doit, de son côté prochainement, confirmer la composition de son groupe, alors que les CRE et le Fidesz du Premier ministre hongrois Viktor Obran n’ont pas encore trouvé d’accord.
Quoiqu’il en soit, cette recomposition signifie que Sarah Knafo, seule rescapée des déchirements internes chez Reconquête!, ne siégera pas avec les CRE, mais avec les non-inscrits.
Frictions à l’extrême droite
Ces mouvements font suite à la rupture entre Reconquête! et ses élus au Parlement européen, dans la foulée de l’élection européenne.
Après la victoire écrasante du Rassemblement national (RN), le président Emmanuel Macron a décidé de dissoudre l’Assemblée nationale. L’occasion pour le RN de tenter d’unir sous une même bannière tous les partis de la droite et de l’extrême droite française.
Au soir même des résultats des Européennes, Marion Maréchal avait elle aussi appelé à l’«union des droites». Mais les discussions se sont montrées infructueuses et cette dernière et trois autres eurodéputés ont décidé de quitter Reconquête ! pour officiellement soutenir l’alliance pilotée par le RN.
Dans cette alliance se trouve également le président de Les républicains (LR), Éric Ciotti, lui même désavoué par les cadres de son parti, dont François-Xavier Bellamy, eurodéputé LR et vice-président du groupe Parti populaire européen (PPE).
Par conséquent, l’unique eurodéputé restante du parti Reconquête!, Sarah Knafo, ne siégera pas avec les CRE, comme cela était pourtant prévu depuis février.
« La rupture consommée avec Éric Zemmour et son parti a facilité notre admission au groupe des CRE », confie à Euractiv l’un des quatre eurodéputés ayant quitté Reconquête!.
« Certains membres du groupe avaient des réticences quant à la ligne d’Éric Zemmour. Ce dernier était vu comme trop ‘extrémiste’ », avance-t-il.
C’est aussi pour cette raison que Sébastien Chenu, vice-président du RN, a justifié la mise à l’écart de Reconquête! de l’alliance que cherche à monter le parti d’extrême droite pour les législatives.
« On a pas voulu faire d’accord avec le parti Reconquête! parce que Éric Zemmour véhicule une radicalité qui ne nous va pas », sur les sujets économiques et sociétaux notamment, déclarait-il sur le plateau de LCI le 13 juin.
En outre, des sources expliquaient à Euractiv en février dernier qu’un glissement vers la droite du groupe des CRE, notamment sur la dénonciation de l’Union européenne (UE), aurait pu mettre en danger le rapprochement de ce dernier avec le Parti populaire européen (PPE). Or, la présidente des CRE, Giorgia Meloni, souhaite participer aux prises de décisions à Strasbourg.
Non inscrit
De son côté, Sarah Knafo, élue dimanche 9 juin et fidèle soutien d’Éric Zemmour, devrait siéger avec les non-inscrits au Parlement européen.
Contacté, Reconquête! n’a pas répondu à nos questions.
« J’ai fait moi aussi un passage au purgatoire », s’amuse Nicolas Bay, député européen élu sous la bannière de Reconquête!, avant de quitter le parti.
« Être non inscrit entrave considérablement l’action en tant que député et vous vous retrouvez à siéger auprès de gens infréquentables », explique-t-il à Euractiv.
Elle rejoindra ainsi le parti d’extrême droite allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD) exclu du groupe Identité et démocratie (ID), où le RN dispose de la majorité des sièges, officiellement suite à des scandales à répétition.
Après son bon score aux Européennes, l’AfD cherche désormais à constituer son propre groupe.