Réduction des tarifs agricoles : les propositions de l’UE écartées [FR]

Lors de négociations sur le commerce mondial à Genève, le responsable européen au Commerce, qui semblait vouloir impressionner ses homologues, n’est pas parvenu à respecter son engagement de réduire les tarifs agricoles de 60%. En effet, la France et le Brésil ont rejeté les propositions qui n’apportent rien de nouveau.

banana_worker_04.jpg
banana_worker_04.jpg

Lors de négociations sur le commerce mondial à Genève, le responsable européen au Commerce, qui semblait vouloir impressionner ses homologues, n’est pas parvenu à respecter son engagement de réduire les tarifs agricoles de 60%. En effet, la France et le Brésil ont rejeté les propositions qui n’apportent rien de nouveau.

Le 21 juillet, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce Pascal Lamy a réuni les ministres du Commerce des 35 principaux pays à participer aux négociations. L’objectif était de déboucher sur une avancée après sept ans de pourparlers sur la libéralisation du commerce international. 

Lors de cette réunion, le commissaire de l’UE au Commerce Peter Mandelson s’est efforcé de relancer les procédures en annonçant que l’UE était prête à monter à 60 % la réduction de ses tarifs douaniers agricoles (au lieu des 54 % auxquels elle s’était engagée auparavant). « Nous avons décidé d’aider les négociations à prendre un bon départ cette semaine en relevant la réduction moyenne de notre tarif agricole », a-t-il déclaré. 

Il a toutefois précisé que cette nouvelle offre dépendrait des efforts de réduction des tarifs douaniers industriels consentis par les économies émergentes telles que le Brésil, l’Inde et la Chine. En effet, les fabricants européens demandent en premier lieu un meilleur accès à ces marchés encore extrêmement protégés. Il s’agit pour l’UE d’un compromis nécessaire face aux sacrifices qui seront exigés des agriculteurs européens. 

60 % ? Rien de nouveau !

Cependant, alors que M. Mandelson présentait son offre comme « une amélioration très considérable de notre part », ses homologues, autant européens qu’étrangers, n’en semblaient absolument pas convaincus. 

Le Brésil a dénoncé la proposition, la qualifiant de pur artifice. Quant à Mariann Fischer-Boel, la commissaire européenne à l’Agriculture, elle a affirmé que l’offre ne comportait « rien de nouveau ». De son côté, la secrétaire d’Etat française chargée du Commerce extérieur Anne-Marie Idrac doute que l’UE soit prête à rehausser son offre de quelque façon que ce soit.

Selon Mme Idrac, la différence entre les deux pourcentages est simplement due à un nouveau calcul de l’offre précédente de la Commission. Le chiffre plus élevé reflète la prise en compte de produits tropicaux tels que les bananes – produits pour lesquels un accord doit encore être trouvé – dans les calculs de la réduction des tarifs.