Réécriture de la carte politique en République tchèque
Une coalition de trois partis de centre droit devrait former un gouvernement en République tchèque bien que les Sociaux-démocrates soient arrivés en tête des élections générales de samedi (29 mai). Deux des partis sont de nouveaux acteurs politiques, rapporte EURACTIV République tchèque.
Une coalition de trois partis de centre droit devrait former un gouvernement en République tchèque bien que les Sociaux-démocrates soient arrivés en tête des élections générales de samedi (29 mai). Deux des partis sont de nouveaux acteurs politiques, rapporte EURACTIV République tchèque.
"Une énorme bouleversement", "le résultat le moins attendu de tous", "une réécriture de la carte politique tchèque".
C'est de cette manière qu'ont réagi les médias tchèques après que l'on se soit rendu compte que les Sociaux démocrates victorieux seraient incapables de former un nouveau gouvernement.
Le Parti social-démocrate de centre gauche (?SSD) est sorti victorieux des élections, remportant 22,08 % des voix. Mais son score reste bien en dessous des 30 % que lui prédisaient les sondages avant les élections.
Le dirigeant des sociaux-démocrates Ji?í Paroubek a démissionné presque immédiatement des ses fonctions après la publication des résultats des élections, concédant que le pays allait être gouverné par une coalition de centre droit.
Après la démission de Paroubek, le président adjoint Bohuslav Sobotka, qui était en charge d'organiser les négociations post-électorales avec les autres partis politiques, a déclaré qu'il ne pensait pas pouvoir former une coalition sous la direction du ?SSD.
Si nous discutons de celui qui devrait être en charge de créer le prochain gouvernement, je pense que ça devrait être celui qui a des chances d'y parvenir. Pour nous, cette chance est plutôt faible, a déclaré M. Sobotka.
Une majorité sans précédent
Au même moment, le dirigeant du parti ODS de centre droit Petr Ne?as, dont le parti s'est assuré 20,22 % des voix et 53 sièges à la chambre basse, a débuté les négociations avec le parti de centre droit Affaires publiques (VV : V?ci ve?ejné) et le groupe conservateur Tradition, Responsabilité, Prospérité 09 (TOP 09 : Tradice Odpov?dnost Prosperita 09). Ensemble, ces partis de centre droit détiennent 118 sièges dans la chambre basse qui en compte 200.
TOP 09, un parti fondé en juin 2009 par Miroslav Kalousek et dirigé par l'ancien ministre des affaires étrangères Karel Schwarzenberg – tête de liste électorale – a obtenu 16,7 % des voix et 41 sièges à l'assemblée.
Affaires publiques (VV), fondé en 2001 par le journaliste et écrivain Radek John, a obtenu 10,88 % des voix et 24 sièges.
Ces discussions, qui sont informelles pour le moment, ont confirmé la volonté commune de nos partis de travailler sur ce projet, a déclaré M. Ne?as.
Si les trois partis s'entendent pour former un gouvernement, celui-ci détiendrait la plus importante majorité connue par un gouvernement tchèque depuis la création du pays en 1993.
Le président Václav Klaus, qui nomme le premier ministre, a invité tous les dirigeants de partis pour des rencontres séparées aujourd'hui (31 mai).
Traditionnellement, le président demande au dirigeant du parti le plus important de construire un cabinet. Cependant, cette fois-ci, M. Klaus pourrait se tourner directement vers M. Ne?as.
Changements sociétaux
La presse tchèque estime qu'un changement sociétal important a lieu en République tchèque, puisque les deux principaux partis traditionnels (ODS et ?SSD) ont perdu un grand nombre d'électeurs, en grande partie en raison de scandales prouvés ou non de corruption.
Les commentateurs politiques affirment également que les jeunes gens et les médias sociaux ont pu avoir une influence non seulement sur le résultat général de l'élection, mais aussi sur la composition du parlement.
Grâce au système de vote préférentiel, de nombreux sortants – souvent accusés de comportement non transparent voire frauduleux – n'ont pas conservé leurs sièges. Parmi ces derniers, on trouve des poids lourds politiques et le président adjoint de l'ODS Ivan Langer.
Apparemment, les militants qui utilisent Facebook et d'autres réseaux sociaux ont réussi à donner l'avantage à des candidats en dernière position lors des scrutins des partis, qui normalement n'auraient pas pu réussir.
Enfin, la crise grecque a joué un rôle dans ces élections tchèques, puisque l'électorat s'est mobilisé contre la perspective d'une réduction encore plus importante des dépenses publiques et la possible contagion de la crise de dette grecque.
M. Ne?as a fait campagne sur ce qui s'est révélé être un ticket gagnant. Il a dit qu'il prévoyait de réduire les dépenses des ministères, de sévir contre les abus du système social, et d'enlever les allocations chômage aux personnes sans emploi qui refusent de travailler ou de se reconvertir.
Une coalition de centre droit constituerait la meilleure solution pour les marchés financiers, parce que les investisseurs estiment que le gouvernement serait le mieux à même de lancer les réformes nécessaires, a rapporté Reuters.