Renflouement de la zone euro : les pays de l'est résistent
Certains pays d'Europe de l'est se montrent de plus en plus réticents quant au financement des renflouements de la zone euro alors que les fonctionnaires tentent à la hâte d'assurer un accord sur un fonds de sauvetage permanent d'ici la fin de la semaine.
Certains pays d'Europe de l'est se montrent de plus en plus réticents quant au financement des renflouements de la zone euro alors que les fonctionnaires tentent à la hâte d'assurer un accord sur un fonds de sauvetage permanent d'ici la fin de la semaine.
Au cours du week-end ainsi qu'aujourd'hui, les fonctionnaires ont mené d'intenses discussions visant à la conclusion d'un accord sur la structure du Mécanisme européen de stabilité (MES) qui aura pour but de financer les économies en difficulté. Les discussions restent houleuses dans la mesure où certains pays craignent de devoir supporter une part inéquitable du poids de ce renflouement.
Les deux plus fervents opposants à la structure de financement du MES, pour le moment, sont l'Estonie et la Slovaquie, selon des sources diplomatiques.
« L'Estonie affirme qu'elle apporterait une plus grande contribution par habitant [au fonds] que l'Allemagne », a confié un diplomate de l'UE à EURACTIV.
L'ébauche de l'accord sur le MES stipule actuellement que les contributions seront calculées en fonction du montant du capital détenu par les Etats membres au sein de la Banque centrale européenne.
La Slovaquie a confirmé sa position, affirmant que cette formule était injuste pour les petits pays. « Nous souhaitons une manière différente de calculer la distribution d'ici 2013 », a déclaré Ivan Miklos, le ministre des finances du pays, cité dans l'édition matinale du journal allemand Die Welt.
« Actuellement, nous payons deux fois plus que le Luxembourg », a ajouté M. Miklos, faisant référence au financement du système de renflouement temporaire, le Fonds européen de stabilité financière (FESF).
Les commentaires d'aujourd'hui surgissent après qu'un groupe de pays d'Europe de l'est, incluant l'Estonie, la Slovaquie, la Slovénie, la République tchèque, la Lettonie, la Lituanie et la Bulgarie, a déclaré qu'il ne soutiendrait un accord séparé visant à injecter de l'argent issus des sanctions dans le MES que si les pays acceptaient d'adopter une solution plus équitable s'agissant des parts de capital, a dit un diplomate à EURACTIV.
D'ici 2013, le MES devrait remplacer le FESF qui a déjà renfloué la Grèce et l'Irlande.
Même si les pays semblent d'accord sur certains des principes fondamentaux du MES, comme le fait qu'il puisse acheter des obligations d'Etat sur le marché primaire, il semblerait que les désaccords soient encore importants concernant le type de capital que le MES devrait utiliser : via des paiements anticipés ou des fonds mobilisables sous la forme de garanties.
La majorité des pays, notamment la France, seraient en faveur de la seconde solution, suivant l'optique que le MES serait un mécanisme exceptionnel sans opérations continues visant à le financer. Toutefois, l'Allemagne a été claire sur le fait qu'elle souhaitait un capital libéré.
Les ministres des finances se rencontreront tard ce soir pour discuter de la structure du fonds et des contributions des Etats membres. Les diplomates restent optimistes et espèrent que les désaccords pourront être résolus avant demain matin.