Retraite des travailleurs de plateformes : une « bombe à retardement »
Des sénateurs de gauche ont réclamé que les plateformes contribuent au financement des retraites de ceux qui travaillent pour elles, interpellant le ministre des Comptes publics Gabriel Attal et dénonçant une « bombe à retardement ».
Des sénateurs de gauche ont réclamé que les plateformes contribuent au financement des retraites de ceux qui travaillent pour elles, interpellant le ministre des Comptes publics Gabriel Attal à ce sujet lors de débats lundi (6 mars) au Palais du Luxembourg, dénonçant une « bombe à retardement ».
Gabriel Attal a répondu que la taxation des plateformes n’était « pas la solution ».
Selon ces sénateurs, la retraite des microentrepreneurs est une « bombe à retardement » : ces derniers ne sont « pas assujettis à l’obligation de verser une cotisation vieillesse minimale » et, conséquence, « les droits de ces entrepreneurs à la retraite sont très faibles ».
Les sénateurs (parti socialiste, parti radical, EELV) ont dit craindre la multiplication à terme de « retraités pauvres ».
Parce qu’elles ont « recours à des autoentrepreneurs plutôt qu’à des salariés pour échapper aux cotisations sociales et patronales », les plateformes « sont à l’origine d’un important manque à gagner pour la Sécurité sociale », estiment-ils encore.
Ils ont donc demandé au ministre des Comptes publics Gabriel Attal qu’elles soient « taxées » et que ces plateformes contribuent « au financement des caisses de retraite en 2023 et 2024 », dans l’attente de la directive européenne à venir.
Le Parlement européen souhaite négocier une nouvelle législation pour renforcer les droits des travailleurs des plateformes numériques comme Uber ou Deliveroo, en requalifiant comme salariés de nombreuses personnes aujourd’hui considérées comme des indépendants.
« Il y a un vrai sujet, mais vous apportez une mauvaise réponse », a répondu Gabriel Attal : « La taxation des plateformes n’est pas la solution ».
« Ces travailleurs indépendants devraient être considérés comme salariés, avec des cotisations à la clé », a-t-il jugé, reconnaissant un manque à gagner de 150 millions d’euros par an pour la Sécurité sociale sur l’ensemble des microentrepreneurs.
« Nous pouvons imaginer une retenue à la source des cotisations sociales », a-t-il préconisé.